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Paloma Ruiz – Gagnante du concours Eldorado

Un peu plus sur l’artiste ayant gagné le concours : Paloma Ruiz
Paloma est une architecte mexicaine de  28 ans installée à Lille…

  • Peux-tu te présenter en quelques mots ? (D’où viens-tu ? Que fais-tu ?)
    Je suis née à Mexico en 1990, où j’ai vécu jusqu’à l’âge de 23 ans.
  • Depuis combien de temps es-tu en France ? Et à Lille ?
    Je suis arrivée à Paris en février de 2014 pour faire un échange international qui devait durer 6 mois. A la fin de ce semestre j’ai décidé de rester 6 mois en plus, mais comme Paris était trop cher pour une Mexicaine dont ces parents gagnent en pesos, j’ai décidé d’aller à Clermont-Ferrand. Une fois en Auvergne, j’ai décidé de finir mes études en France. J’ai eu mon diplôme de Master en 2017 dans l’Ecole Nationale Supérieure d’Architecture de Clermont-Ferrand. Je suis arrivée à Lille en mars 2018 pour travailler chez VS-A. Un bureau d’études spécialisé en façades.
  • Pourquoi passer du Mexique à Lille ? Changement de température radical, n’est-ce pas ?
    Comme j’ai dit précédemment, je suis venue parce que l’agence où je voulais travailler est basée à Lille. J’avoue qu’avant mon déménagement la météo était un peu démotivante, mais tous les gens à qui j’ai dit que je venais travailler au Nord m’ont répondu « il fait froid mais les gens sont très chaleureux ». Aujourd’hui je constate qu’il fait moins froid qu’à Clermont et que c’est vrai… les Lillois sont très amicaux !
  • Nous savons que tu es architecte, as-tu commencé à dessiner des personnages avant, après ou en même temps que les bâtiments ?
    Je ne sais plus quand j’ai commencé à dessiner, mais mes carnets à l’école ont toujours eu plus d’illustrations que des annotations sur les cours !
    J’ai décidé de devenir architecte parce que j’aime dessiner, mais j’aime aussi créer et la technique me passionne. Aujourd’hui je suis architecte de temps plein et illustratrice dans mes temps perdus.
    J’ai une imagination assez vaste, et je dessine les images qui se baladent dans ma tête : des personnages, des animaux, des monstres, mes connaissances, la nourriture… Mes illustrations sont la plupart du temps faites avec des marqueurs noirs, des fois j’ajoute un peu de couleur mais je n’utilise jamais du crayon je ne supporte pas faire des esquisses, pour moi c’est une perte de temps.  À l’université, au Mexique, on nous a appris à dessiner avec des aquarelles. J’aime bien en faire des villes que je visite… Lille est si colorée qu’elle est une bonne ville pour faire des aquarelles.
  • Quels sont tes sujets de prédilection pour les dessins ?
    Souvent je dessine des monstres pas méchants, j’aime aussi dessiner des pirates et des bêtes marines, quand je pars en voyage je dessine les bâtiments…
  • Nous avons évidemment consulté ton Instagram, (j’espère que tu ne nous en voudras pas) : Tu prends également de très jolies photos, est-ce un art qui t’intéresse également ?
    Merci ! La photographie aujourd’hui me passionne mais comme je suis une photographe sans caméra je fais la plupart des photos avec mon portable ou des fois j’emprunte la caméra de mon copain.
  • As-tu des modèles inspirants d’architectes, de dessinateurs ou de photographes à conseiller à nos kiltiners ?
    Quand j’ai commencé les études au Mexique, j’ai eu la chance d’avoir comme prof d’architecture Gabriela Carrillo, de l’agence « Taller de Arquitectura Mauricio Rocha + Gabriela Carrillo ». Elle nous a appris à projeter des espaces qui provoquent des sentiments, à travers la lumière et l’ombre, les parfums des jardins, les textures et couleurs des matériaux… et quand on visite les œuvres de l’Atelier on découvre tout cela. Sa façon de concevoir les projets a eu une grande influence en ma formation d’architecte et même aujourd’hui dans mon travail qui est parfois très technique, je ne peux pas m’empêcher de me questionner sur l’expérience de l’usager.
  • Pour revenir au concours, comment en as-tu entendu parler ?
    Je crois que c’était en consultant le site de Lille3000 pour connaître le programme de Eldorado que je suis tombée sur le concours.
  • Je reprends ici la description de ton dessin intitulé : La fiesta du Mexique que tu as effectué dans la fiche, autre chose à rajouter ?
    « D’abord, j’ai voulu faire une illustration très festive. J’ai cherché à mettre en valeur l’esprit festif du Mexique, pays invité pour la 5e édition de Lille3000. Ensuite, l’illustration se développe autour d’un symbole central très emblématique de la tradition mexicaine : la face d’une “trajinera”, un bateau typique des canaux de Xochimilco, à Mexico. Autour de ce symbole on trouve des éléments de la culture mexicaine comme la vraie piñata mexicaine (car la piñata de mule ou de llama ne font pas partie de la culture mexicaine), les mariachis, la “lucha libre” (le catch), les jouets traditionnels et, bien sûr, des éléments de la très riche gastronomie mexicaine. Frida Kahlo est aussi présente étant donné la reconnaissance au niveau international de son parcours artistique. Finalement, j’ai voulu faire sourire aux gens qui regardent l’illustration pour rappeler l’esprit joyeux de lille3000 »
  • Que penses-tu du programme de lille3000 qui a tenu cette année à inviter le Mexique en pays d’honneur de cette 5e édition ?
    Je suis ravie ! Je ne peux pas décrire le sentiment qu’en tant qu’expatriée je ressens quand je marche dans la rue et que je vois partout des références de mon pays. Je crois aussi qu’il est une grande opportunité pour que les Français rencontrent un peu de la culture et l’histoire très riche de mon pays et en même temps pour rompre avec les clichés qui existent sur le Mexique

Interview BluesGraceNight

ManueLe vendredi 30 novembre dernier, nous sommes allées à la rencontre de l’artiste ayant réalisé l’illustration de notre prochain panier en vente jusqu’au 20 décembre sur kilti.org.
Cette artiste comédienne de 32 ans, touche-à-tout comme Leonard De Vinci dont est clairement inspiré ce dessin BluesGraceNight, se dévoile…

Que signifie BluesgraceNight ? Qui es-tu et quel est ton parcours ?
Ma véritable identité est Emmanuelle Delplace, mais personne ne me connaît sous ce nom à part l’administration française (rire), depuis mes 10 ans, on m’appelle Manue.
Depuis 2011, je collectionne des magnets, ceux qu’on met d’habitude sur son frigo, et il me plaisait de les assembler pour faire de la poésie, BluesGraceNight est venu à ce moment.
Cela tombait bien car je suis assez fan de Grace Kelly. Je trouvais que ça allait bien également avec mes influences mélancoliques, mon rapport à la nostalgie.

Je suis née dans le Nord, j’ai fait une partie de mes classes entre la Normandie et ici, dont 5 ans d’Art Dramatique au conservatoire de musique de Douai tout en faisant mes études.
Etudes en Arts et Culture d’abord mais ça m’a très vite saoulé, et comme j’étais partie un an vivre en Arizona, et que mes parents me lançaient le fameux «Si tu veux être comédienne, tu dois assurer tes arrières ! », j’ai donc bifurqué sur une licence d’anglais.

Comment en es-tu venue à l’art ?
A la base je suis donc comédienne de théâtre, mais c’est très vite parti dans tous les sens (rire). Avec une amie, Audrey, on a créé notre compagnie de théâtre en 2011, Les Dissolvantes.
Avec cette compagnie, on a monté un spectacle engagé féministe autour d’un panel de textes de Simone de Beauvoir ou encore Virginia Woolf avec une dose de Véronique Sanson, « Reset », nous l’avons créée à deux, écriture, mise en scène.
Nous avons ensuite monté un second spectacle avec une grosse équipe, une histoire que j’avais écrite, mais qui ne s’est finalement pas concrétisée. Les aléas de la création artistique !
En revanche, la compagnie a réalisé de nombreux partenariats et a participé à de nombreux projets comme par exemple des ateliers réalisés avec la faculté de médecine (simulation de crise d’agitation aiguë pour préparer les étudiants à leurs futures gardes aux urgences), des ateliers de prise de parole et confiance en soi pour les étudiants avec l’Atelier Culture La Piscine à Dunkerque, ou bien un travail d’écriture et mise en voix avec une classe de 5e à Lillers, avec la Ligue de l’Enseignement.

J’ai également bossé avec Antoine Lemaire de la Compagnie THEC, lorsqu’il était metteur en scène associé à la Rose des Vents, sur toute la création de sa saga « Faustine ». Entretemps, j’ai commencé à faire quelques voix-off en anglais et en français pour des potes et c’est finalement devenu l’une de mes activités principales en tant que comédienne. J’ai la chance de collaborer avec plusieurs boîtes de production audiovisuelle de la région sur des projets aussi divers qu’enrichissants.

Mais finalement quel est ton support de travail de prédilection ? On a pu voir annoncé que tu chantais également ?
Hum, chanter, c’est un bien grand mot, mais en effet, je prête ma voix régulièrement pour des projets. L’été dernier, j’ai fait la voix off pour un documentaire sur la scène punk-hardcore à Uméa en Suède, qui s’appelle UxÅ. Même si je n’en n’écoute pas moi-même (rire), ce projet m’a beaucoup plu et j’aimerais en faire d’autres, c’était un projet de potes d’enfance à la base, une bande d’amis originaires de Tours, j’aime travailler avec des gens passionnés.

Et c’est aussi ce qui m’a rapproché de Romain de la Cave aux Poètes et qui a créé le collectif « Bruit Blanc » dont je fais partie. Mathieu, du groupe Chamberlain en fait également partie et Romain m’a proposé d’enregistrer la voix sur l’une des chansons du projet solo de Mathieu : Cendrars. J’ai écrit le texte sur la mélodie de Mathieu « One Bay », on s’est enregistré le temps d’une après-midi un peu expérimentale, ça s’est super bien passé et j’espère qu’il y aura d’autres projets de ce type.

Et la gravure dans tout ça ? Parle-nous des  « autoquotes » ?
Tout a commencé comme BluesGraceNight, avec mes magnets, je composais des petites phrases avec lesquelles je remplissais quantité de carnets. « Autoquote » ce sont des citations avec mes propres mots. C’est un projet qui se rapproche du travail du Tampographe Sardon et de Violente Viande (sur Instagram) dans son côté irrévérencieux et cash.
Au moment où j’ai réalisé « Le timing cette petite pute », ça parlait tellement que mes proches m’ont demandé comment l’avoir chez eux… J’ai essayé différentes techniques comme le pochoir à la main sur tote bag mais je ne m’imaginais pas faire de la sérigraphie, trop compliqué toute seule et sans expérience !
La personne avec qui j’étais à ce moment faisait de la gravure et nous en avons parlé. Ma mère qui fait de la peinture, avait également participé à un atelier de gravure et c’est donc avec elle que j’ai commencé mes premières gravures dont « Le timing cette petite pute », c’était en juillet 2017. C’était d’ailleurs assez improbable de faire ça avec elle, souvent elle me dit « Manue, qu’est-ce que t’es vulgaire ! » (rire)
Depuis, j’ai continué à améliorer la technique, j’ai acheté mon propre matériel. J’ai commencé avec de la gravure sur lino, grosse plaque de lino assez friable, tissée sur l’arrière et je grave avec des gouges de différentes lames et largeurs. En suivant des comptes de professionnels sur Instagram, j’ai découvert la gomme, et mes plus petites gravures sont donc faites sur de la gomme.
C’est vraiment du DIY, et c’est assumé, je n’ai pas la prétention de le faire professionnellement, mes prints ont tous des petits défauts et j’essaie beaucoup de choses pour comprendre la technique, à ma manière. Je fais des tests, des fois c’est moche, des fois ça va (rire). Mon métier reste comédienne et la linogravure m’occupe les jours où je suis off.

Tu nousillu janvier ©bluesgracenight fais la joie d’illustrer notre prochain sac sur le thème Bougeons-nous, explique-nous un peu ce dessin ?
A la base, je ne suis pas illustratrice, je galère, franchement (rire) mais le thème me parlait…La question de l’identité et de l’identité de genre notamment me parle beaucoup sans être forcément investie dans des associations. J’ai souvent l’occasion d’aller à Montréal et je vois la différence avec la France, cela m’interpelle à chaque fois de voir à quel point les gens là-bas sont libres, ils sont eux-mêmes, ce qu’ils ont envie d’être et n’ont pas de craintes d’être jugés. J’admire cette liberté et je pense que nous devrions tendre vers ça ici aussi. Le dessin s’est goupillé avec un projet de street-art que j’ai monté avec des copines pour promouvoir une plus grande liberté des femmes dans l’espace public et il y avait donc une corrélation, je ne pouvais pas rentrer en France, et ne rien faire !
Mon dessin « Le trans de Vitruve », parce que c’est comme ça que je l’ai appelé (rire), que j’ai fait en un jet, me semblait le plus évident, et je suis contente qu’il ait été retenu !

Aujourd’hui, et demain en 2019, pour quoi et comment (te) bouges-tu ?
Jusqu’à présent mon implication se faisait au travers d’initiatives personnelles. J’ai ce grand questionnement en ce moment comme beaucoup de personnes je pense… j’ai participé à la marche « Nous Toutes », il y a les marches pour le climat aussi, au niveau de l’écologie… A côté je fais juste des petites choses au quotidien, j’essaie d’avoir une conscience éclairée. J’ai envie de m’investir un peu plus pour les gens qui vivent dans la rue (l’idée du calendrier inversé) il y a aussi l’association à Moulins, « Chez Violette », je commence à me renseigner là-dessus…
A côté de ça je suis féministe, et ne suis pas frileuse de le dire, le jour où tout le monde sera féministe convaincu, alors on pourra se dire véritablement humaniste… Je rencontre des hommes qui trouvent que ce n’est pas un combat si important, mais je suis aussi entourée d’hommes qui, comme mon frère et mes amis, sont investis et cherchent à ce que les mentalités évoluent. Les hommes version 2.0 !

Comment s’est enclenchée cette collaboration avec Kilti ?
C’est Romain de la Cave aux poètes qui m’a mis en relation avec Laudine parce que je faisais déjà quelques visuels pour « Bruit Blanc » et on a abordé la collab en fin septembre. C’était assez flou à l’époque mais voir la date arriver ça me fait plaisir, j’ai hâte !

Pour finir quels sont tes projets et expositions à venir ?
Celle qui aura lieu lors de la soirée de distribution des paniers culturels de janvier, puis, en février 2019 j’ai une exposition au Café Diskaire !
Ah et pour les Parisiens vous pouvez passer commande et on se retrouve entre le 20 et le 22 décembre à Paris !

Informations pratiques :
Les commandes pour des prints se font exclusivement sur mon facebook BluesGraceNight (https://www.facebook.com/BluesGraceNight/) !

Manue's print

Guillaume Mathias, auteur de bande dessinée

Pouvez-vous vous présenter en quelques mots ?

Je m’appelle Guillaume Matthias ou Guigui le gentil sur les internets. Diplômé de l’école d’art supérieure de Metz, je suis auteur amateur de Bande Dessinée et passionné depuis ma plus tendre enfance, de séries TV et de cinéma, en plus de la bande dessinée. C’est donc tout naturellement que je suis devenu un bon gros Geek. Mais attention : le genre de Geek qui plaît quand même aux filles. Designer mobile et chef de projet de profession chez MyApphone, je suis membre de l’association Phylactères depuis 2006, dont je suis le chargé de communication. En 2010, je me lance dans un projet personnel : la série BERTRAND KEUFTERIAN et dans sa suite ZONE 57 où j’alterne les casquettes de scénariste, dessinateur, coloriste et maquettiste.

Quelle est votre pratique artistique actuelle ?

Je travaille aussi bien de façon traditionnelle (encre de chine, plumes, pinceaux) que moderne (Photoshop, illustrator)… J’anime d’ailleurs régulièrement des ateliers BD pour les jeunes et les moins jeunes et depuis quelque temps je me suis mis à la vidéo avec ma chaîne YouTube (Guillaume Matthias) où je parle de séries TV, de ciné et de BD bien sûr.

Pour l’œuvre du panier Geek, vous avez proposé à Kilti Metz la série de comic-book Zone 57, pouvez-vous nous parler de cette série plus en détail?

Je réalise cette BD en équipe avec Carlos Rodrigo qui turbine aux scénarios, Ceel et Solynk à la couleur. Pour faire simple l’histoire est celle d’extraterrestres ayant décidé d’envahir la Terre mais qui se voient défaits par l’humanité qui trouve de justesse le moyen de les confiner dans des lieux bien précis, dont la ville de Metz. Du coup, des traqueurs d’aliens voient le jour pour nettoyer ces places de leurs « nouveaux habitants »… Ces chasseurs deviennent des stars via des émissions de télé-réalité… Notre héros, Bertrand Keufterian, tente d’être l’un d’eux.

La BD éditée, d’abord en fascicule par l’association Phylactères, puis en album cartonné réunissant les 4 épisodes du premier arc : « BERTRAND KEUFTERIAN » (édité par Kotoji et Phylactères). Les 4 derniers épisodes qui forme le deuxième arc : « ZONE 57 » suivent le même chemin. D’ailleurs dans le panier geek de Kilti vous allez découvrir les 3 premiers épisodes de ce deuxième arc.

Depuis quand avez-vous commencé à dessiner, et comment avez-vous su que vous vouliez travailler dans ce domaine ?

La vraie question est quand est-ce que vous avez arrêté de dessiner ? Car tout le monde dessine étant enfant, certains s’arrêtent et d’autres non. Je pense que j’ai su que je voulais faire ça quand j’étais enfant comme beaucoup.

Qu’est-ce que vous pouvez nous dire de la culture dans cette région en ce moment?

Je trouve que contre tout attente, notre région est plutôt bien vivante, comme en témoigne les évènements un peu geek, rien qu’à Metz et sa région, avec par exemple Metztorii ou bien les rencontres de BD de Marly dont la prochaine édition est le 6 et 7 octobre.

Avez-vous des coups de cœurs locaux à partager (tous domaines confondus)?

J’adore l’escape game THE BOX à Metz, ça permet vraiment de s’immerger dans un univers. Sinon j’ai beaucoup aimé Constellations cet été.

Si on vous dit « geek », à quoi pensez-vous spontanément et pourquoi?

Je pense à trop de choses…

Fut une époque où la culture geek n’était pas autant reconnue qu’aujourd’hui, j’ai travaillé pour diverses revues spécialisées dans le cinéma et les séries comme : L’Ecran Fantastique, Toxic, Episode, Séries Max en tant qu’illustrateur, rédacteur et parfois maquettiste. Je fus d’ailleurs co-rédacteur en chef le temps de quelques numéros de Séries Max et même animateur radio sur une station locale pour y parler de fictions télé. Je voue un véritable culte à The X-Files, Twin Peaks et Star Trek depuis toujours… Autant dire que j’ai grandi dans cette culture, alors ne me lancez pas sur le sujet, à moins d’avoir envie de m’entendre en parler pendant des heures.

Mais pour essayer de vraiment répondre à votre question, je pense à « Culture », car les geeks contribuent à la Culture avec un grand « C » de manière importante et ce, dans de nombreux domaines.

Quels sont vos projets pour l’avenir ?

Finir l’épisode 4 de ZONE 57, qui sera le dernier opus de la saga, pour avril prochain et de lancer un financement participatif afin d’éditer un album recueil des 4 épisodes et bien d’autres choses encore…

Adrien Brégeot, illustrateur

Peux-tu te présenter en quelques mots ?
Salut, je m’appelle Adrien Brégeot, 25 ans, j’habite Metz et je suis illustrateur à mon compte. Je bouffe pas mal de bandes dessinées et de vrais bouquins avec des lettres et sans images comme pour les grands. En ce moment je lis pas mal de trucs de psychanalyse et d’histoire des religions. J’aime beaucoup le cinéma, aussi, avec une passion pour Lynch, Cronenberg, et les monstres géants qui mangent des trucs.

Quelle est ta pratique artistique actuelle ?
Je suis illustrateur, digital et traditionnel.
Je travaille actuellement dans le jeu vidéo avec le studio messin Nice Penguins, et dans ce domaine je travaille uniquement à la tablette graphique. Ça me permet d’être plus souple, d’illustrer et d’animer le plus rapidement possible. Le jeu sur lequel nous travaillons se nomme We All End Up Alone et raconte un an de la vie d’une personne atteinte d’un cancer.
Sinon, j’illustre certaines commandes, et dès que je le peux, au traditionnel, avec une colorisation numérique. Je suis bien plus à l’aise quand il s’agit de dessiner sur papier.
Je fais de la BD dans mon coin, aussi. Je travaille actuellement sur une épopée familiale qui s’étendra sur plusieurs dizaines d’années, dans une Espagne du XXe siècle mythifiée.
Je n’ai pour l’instant ni titre, ni éditeur, ni fin. Mais une soixante-dizaine de pages sont déjà illustrées.

Pour le tote-bag du panier Geek, tu as proposé à Kilti Metz le Robolecture, peux-tu nous parler de cette œuvre plus en détail?
Je ne me considère pas vraiment comme geek, c’est une culture que je connais mais dans laquelle je ne tiens pas particulièrement à m’inscrire. La culture classique m’influence autant, peut-être plus, que la culture « geek » et pop.
Cependant, je suis obligé d’admettre que j’aime la science-fiction. C’est un genre fascinant (presque absolu, à mon sens) qui peut parler de tous les aspects de la vie humaine et les matérialiser dans une narration.
Donc, en partant de mon affection pour la SF, je me suis retrouvé à dessiner un robot, avatar par excellence de la science fiction, comme personnage principal de l’illustration. Les livres sont venus pour lui donner un truc à faire, et aussi faire de lui ce qu’est, à mon sens, un geek : un consommateur de cultures.

Depuis quand as-tu commencé à dessiner, et comment as-tu su que tu voulais travailler dans ce domaine ?
Je ne sais pas quand j’ai commencé à dessiner. Je ne me souviens pas d’avoir un jour voulu faire sérieusement autre chose, en fait.
À huit ans, j’ai rencontré Walt, le fils de Gos, l’auteur du Scrameustache. C’est là que j’ai compris que derrière les bandes dessinées, il y avaient des gens qui dessinaient sérieusement, qui gagnaient de l’argent, et que c’était un véritable métier. (Après, à dix ans, j’ai demandé à Gos une dédicace dans un festival de BD, et il faisait chaud dans la file d’attente, et j’ai vomi.)
Je n’ai jamais vraiment visé autre chose depuis, et si j’ai quelques fois eu des doutes quant à ma capacité à faire le métier d’illustrateur, je crois qu’aucun boulot ne pourrait en fait mieux me convenir.

Qu’est-ce que tu peux nous dire de la culture dans cette région en ce moment?
Ça pétille. Il y a pas mal d’initiatives à petite et moyenne échelles qui font vivre la région, ça va du petit artiste exposé dans un bar à des manifestations plus larges comme Constellations, à Metz... Dans les cultures numériques, le milieu du jeu vidéo est très actif, avec des associations de créateurs et de vulgarisateurs qui organisent régulièrement des évènements. A Bliiida vous avez par exemple des Game Jams et les Indie Games Club organisés par COIN, qui vulgarisent la culture et la création vidéoludiques…
Puis en septembre, le Festival Européen du Film Fantastique de Strasbourg brasse pas mal de monde et contribue à rendre au Cinéma de Genre ses lettres de noblesse dans un pays qui a du mal à l’apprécier et à encourager ses créateurs.

As-tu des coups de cœurs locaux à partager (tous domaines confondus)?
Plusieurs : pour parler brasserie, la bière Bon Poison est excellente, et ses brasseurs vraiment sympas. Plusieurs de leurs étiquettes ont été illustrées par un auteur de BD lorrain, Nicolas Moog, donc en plus, ils ont de belles bouteilles.
La librairie du Carré des Bulles, dans laquelle je ne passe pas assez souvent, qui a un catalogue de BDs et de bouquins parfois publiés en très petits tirages et qui organise des apéros dessinés, avec du pastis.
Petit shoutout aux copines, Chloé Burt (qui a illustré le panier Éros) et Alice Montvallier (qui a proposé une œuvre dans le panier Au-delà du réel) font des trucs stylés. Deux illustratrices, la première fait des madames toutes nues et la seconde fait des petits vers de terre fluos qui sourient.

Si on te dit « geek », à quoi penses-tu spontanément et pourquoi?
A pas grand-chose, pour être honnête. … Des clichés, évidemment, le binoclard aux dents de traviole qui zeuzeute, le freak, mais c’est quelque chose qui n’a plus vraiment lieu d’être. Déjà parce que tout le monde aujourd’hui se revendique plus ou moins geek, que c’est devenu un peu cool (dans une certaine mesure), et qu’ensuite les geeks dominent aujourd’hui le monde. Culturellement, les plus gros succès cinéma sont adaptés de comic-books, objet imprimé geek par excellence. Tout le monde (ou presque) a vu et aimé le Seigneur des Anneaux et Star Wars, et tout le monde va voir le nouveau Star Wars au cinéma.
Ready Player One, aussi. Voilà un film qui a sacrément marché, adapté d’un bouquin écrit par un nerd pour les nerds…
En fait, pleins de gros trucs dans lesquels énormément d’argent est investi (et donc sur lesquels on attend un retour – et donc du public) aujourd’hui sont faits avec les geeks pour cible.
Socialement, tu as Bill Gates, Elon Musk, Zuckerberg, pleins de nerds, qui aujourd’hui ont un impact titanesque sur la marche du monde. Retirez Facebook au monde contemporain, et socialement, économiquement, culturellement, quelque chose de lourd sera perdu.
En bref, les geeks sont peut-être les grands gagnants du monde contemporain.
En fait, j’imagine que c’est ce qui me vient quand on me dit « geek », surtout en ce moment après la sortie de Ready Player One : Le formidable contraste entre l’archétype du geek, que je pense encore pas mal inscrit dans nos têtes, et son implacable puissance dans le monde actuel.

Quels sont tes projets pour l’avenir ?
Adopter un chien.
Terminer la bande dessinée sur laquelle je travaille, en faire un truc bien.
M’essayer à la narration vidéoludique, en faisant par exemple une Visual Novel. C’est un exercice particulier mais probablement important à tenter. J’ai vu il y a peu le travail de Lars Martinson, un auteur de BD américain qui s’est dirigé vers le Visual Novel il y a peu, alors qu’il cherchait une alternative à la BD « classique », imprimée, qui a ses limitations en terme de distribution, et au Webcomic, qui est un format qui peine souvent à se différencier de la BD imprimée et qui fait rarement usage de toutes les possibilités que le numérique lui offre…
Je suis très attaché au format BD à l’ancienne, parce que j’ai grandi avec, parce que l’objet « livre » tient une place importante dans ma vie, mais peut-être certaines de ses limitations peuvent être dépassées par le numérique.
Ou peut-être pas. Mais je veux essayer pour le savoir.

Son compte instagram : ade.breg

Paniers précédents – Paris

Juin 2017 – Pigment d’Espelette
Mars 2017 – 3.0
Janvier 2017 – Panier Cul’
Décembre 2016 – Jeune Public
Octobre 2016 – L’un dans l’Autre
Avril 2016  – « Politiquement incorrect »
Février 2016 « Ici et Ailleurs »

Décembre 2015 – Kilti Jeune public

Décembre 2015 « Les 7 péchés capitaux »

Octobre 2015 « Le Retour »
Juin 2015 « Old School »
Avril 2015 « Sacrés caractères ! »
Février 2015 « A corps et à cri »
Décembre 2014 « Légendes et légendaires »
Octobre 2014 « Voyage »
Juin 2014


 

 

 

Léa Polisini – MAI 68

Léa est une jeune artiste valenciennoise dont le travail engagé collait bien avec le panier « Mai 68 », nous l’avons rencontrée pour en savoir plus sur l’auteure de l’illustration du panier « Sors de la meute, et mords le maître ».

Léa, peux-tu te présenter en quelques mots ?

Je suis étudiante en licence III d’Arts Plastiques. Je peins et je dessine depuis toute petite, et je suis passionnée par l’art engagé, et par l’impact qu’il peut avoir dans la société.

Quelle est ta pratique artistique actuelle ?

Disons que j’expérimente encore. Mes études m’encouragent à ne pas m’enfermer dans une seule pratique. Mais j’avoue que j’aime particulièrement créer des affiches politiques. J’aime le rapport étroit qu’elles entretiennent avec l’art, tout en questionnant le.a spectateur.trice sur la société dans laquelle il.elle évolue.

Pour le visuel du panier mai 68, tu as proposé à Kilti une illustration d’affiche « Sors de la meute et mords le maître », peux tu nous parler de ton travail sur ces affiches justement?

L’idée, c’était de m’inspirer des visuels de mai 68 pour recréer des affiches en accord avec notre société actuelle. Les affiches de mai 68 me plaisaient dans leur côté brut et spontané. Leur but était de dénoncer de façon claire et lisible. Et pourtant aujourd’hui elles portent un intérêt artistique indéniable. « Sors de la meute et mords le maître  » fait directement écho aux violences policières, omniprésentes aujourd’hui (comme hier, d’ailleurs). J’ai voulu tourner ça de façon un peu humoristique en mettant en scène un chien de policier.ère qui se retournerait contre ce.tte dernier.ère . Après, la notion de  » maître  » peut être interprétée dans un sens plus large.

Pour les 50 ans de Mai 68 on voit pas mal d’affiches et de visuels de toute sorte, beaucoup de graphisme, tu utilises des méthodes « à l’ancienne » à l’heure du hashtag et du tweet. Quelle est ta démarche artistique là-dessus, quel est ton procédé de création ?

Je fais tout à la main. Du lettrage au dessin, et je colore les affiches à l’encre acrylique et à l’encre de Chine. Dans un premier temps, c’est vrai que ça donne un côté plus authentique, plus spontané. Mais de l’autre, c’est très long (environ 8h pour une affiche). Qui plus est, si on se rate, c’est terminé, il faut tout recommencer. Mais je m’y retrouve beaucoup plus que dans le travail de graphiste. Le contact direct avec le papier et l’encre me correspond davantage que le support ordinateur, il y a cette matérialité que je n’arrive pas à retrouver à travers un écran. Pour ce qui est du procédé, je m’inspire de l’actualité et en général je travaille par séries de 6 ou 9 affiches. Par la suite, j’aimerais faire évoluer mon travail en collaboration avec un.e sérigraphe.

Qu’est-ce que tu peux nous dire de l’art engagé en 2018?

Je pense que c’est une forme d’art indispensable. Ce qui est formidable pour moi, c’est que  » l’art engagé » peut toucher tous les milieux, tous les styles. Il ne se limite pas aux arts plastiques. Je pense que questionner la société et en dénoncer les travers, c’est un enjeu capital depuis toujours. Quand on sait que les premiers graffitis politiques sur les murs remontent au 1er siècle après J.-C., je me dis que l’art engagé est inhérent à la société dans laquelle il évolue, et l’inverse serait révélateur d’une population muette.

Et qu’est-ce que ça donne d’être une femme, artiste engagée, dans une fac d’art, en France, en 2018?

J’évolue dans un milieu ou le sexisme est souvent fortement critiqué, grâce au fait qu’il y ait une majorité de femmes. Mais cette majorité de femmes est également significative dans un sens, de l’idée que la conscience commune se fait de l’art. Ce qui prouve que l’abolition du patriarcat est évidemment un enjeu majeur aujourd’hui, car il est toujours bien présent même dans les facultés (nous en avons un très bel exemple avec « Paye ton bahut »).

Mon engagement artistique vient dans un premier temps d’un engagement politique personnel. Mais lorsque l’on s’attarde sur les tags sur les murs, et par exemple dans les facs occupées aujourd’hui et mobilisées contre la loi ORE, on peut voir que l’art s’étend à un spectre plus large qu’une simple « création d’artiste ». Il est partout, et va du simple slogan aux dessins sur les tables. Pour ce qui est d’être engagé.e à la fac aujourd’hui, artistes ou pas, les récents événements ont prouvé que quand on est militant.e, ou simplement en désaccord avec le gouvernement mis en place, on s’expose à ses outils de répression  : violences policières, fichage, attaques fascistes, etc.

Même si on peut citer pleins d’autres exemples, je prends celui des facultés: des lycéen.nes et des étudiant.e.s se mobilisent contre le gouvernement, contre son projet d’instaurer l’élitisme et les inégalités à la fac, et ce dernier répond de manière immédiate: il violente et opprime.

Justement, tu peux nous parler de la production artistique au sein de la fac : est-ce que les élèves ont vraiment une liberté de faire de l’art engagé?

A la fac, on est quand même limité.e, car on doit répondre à un sujet général. On est limité.e également par les moyens mis en place. En tant qu’étudiant.e.s, on ne peut pas dépenser à outrance dans les projets, et il faut bien avouer que la fac n’a pas de moyens énormes pour nous permettre de mettre en place tout ce qu’on voudrait faire. Personnellement, on ne m’a jamais empêché de parler de politique dans mes projets, mais c’est vrai qu’en tant qu’institution, la fac ne nous laisse jamais libre à 100 % dans nos projets. Par exemple, l’étudiant.e ne pourra pas mettre en danger son intégrité physique. On doit quand même s’autocensurer, car on reste dans un cadre scolaire, institutionnel.

Quels sont tes projets pour l’avenir ?

  • Continuer à expérimenter, trouver la technique qui me correspond le mieux, tout en restant en accord avec ma façon de penser, et de militer à travers l’art !

Interview réalisée par Clara MAFRICI et corrigée par Chantal BREBION

Un air de famille – Lille

– Un sac illustré par Ar Déco (d’une valeur de 10€)

– Un T-shirt illustré par Julien Rigolo (Dada Hu) (d’une valeur de 10€)

– Un CD pour Petits et Grands de l’Orchestre de Douai (d’une valeur de 15€)

– Des sorties culturelles proposées par : Le Grand Mix, La Cave aux Poètes, le Familistère de Guise

– Un calendrier illustré par Emilie Maidon

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Retrouvez la FEUILLE DE CHOU détaillée ICI

Un air de famille – Bruxelles

– un sac illustré par Herlinde Demaerel

– le roman Album, de Gudrùn Eva Minervudottir aux éditions Tusitala

– le jeu de société Feelings édité chez Act in Games (sauf dans les Kilti Minis)   

– des sorties culturelles proposées par le théâtre Les Tanneurs, Le boson, le Centre culturel Jacques Franck, l’asbl Chouette et le festival Courts Mais Trash

– une surprise avec un bon pour un film en VOD sur UniversCiné Belgium

– pour les abonnés à l’année, deux places pour l’avant-première bruxelloise du documentaire Rebelle de la science dans un lieu secret…


Retrouvez la FEUILLE DE CHOU détaillée ICI

Noir Océan – Strasbourg

KILTI : Bonjour ! Peux-tu te présenter s’il te plaît?

Dorie : moi c’est Dorie, j’ai 27 ans et je vis en couple avec Pasco, qui a ouvert il y a 4 ans le shop où nous travaillons tous les deux. On a une petite fille et une vie tranquille à la campagne. 

  

K: Quelle est ta pratique artistique ?

D : Je suis une jeune tatoueuse. 

 

K: Te consacres-tu à ta pratique artistique à temps plein ?

D : Je pense que oui, je suis au shop 4 jours par semaine et le reste du temps avec ma fille / en famille, à côté de ça il y a les soirées / week-ends qu’on passe à dessiner ou à traiter les mails alors je pense que oui.

 

K: Quelles sont les thématiques que tu abordes dans tes différents projets? 


D : Pour les flashs mes inspirations viennent beaucoup de la nature en général des animaux, du quotidien, de différentes cultures, l’univers burtonien, je pratique l’urbex, j’adooore les vieux objets, les vieilles maisons, et il y a beaucoup d’artistes aussi qui sont sources d’inspiration… mais sinon je prends aussi certains projets, j’essaie de m’adapter au mieux.

 

K: Comment t’est venue l’idée de t’appeler Noir Ocean ?

D : Pour le nom, à la base c’était « Ocean child » qui maintenant est le nom du shop, j’aime tout ce qui touche à l’univers marin en général et noir parce que c’est ma « couleur » haha. 

 

K : Pourquoi as-tu décidé de devenir tatoueuse autodidacte ?

D : Je me suis presque toujours intéressée au monde du tatouage, j’ai commencé à me faire tatouer à 15 ans et je pense avoir rencontré la bonne personne au bon moment. Je voyais Pasco bosser tous les jours sur ses dessins pour arriver à un certain niveau et à un moment j’ai suivi, j’ai fait l’accueil au shop pendant un an à côté du dessin et avec le peu de confiance en moi que j’avais à l’époque je me suis lancée.

 

K: Comment en es-tu venue à collaborer avec KILTI Strasbourg?

D : J’ai eu la chance de rencontrer et de tatouer Jes, pendant la séance elle m’a parlé de KIlti-Strasbourg, j’ai tout de suite accroché au concept et ça m’a fait hyper plaisir qu’elle me propose de participer ! 

 

K : Est-ce que le panier culturel est un moyen pour toi de faire connaître ton travail ?

D : bien sûr et si les gens apprécient c’est tant mieux. 

 

K: Quels sont tes projets à venir ? 

D :  Essayer de faire des conventions, rencontrer des gens cool, apprendre toujours plus et continuer de satisfaire les personnes qui me font confiance et me permettent de me lever le matin pour faire un boulot que j’aime.

K : Où peut-on suivre ton travail ?

D : Vous pouvez suivre mon travail sur Instagram @noirocean ou sur facebook sous Noir Ocean.

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Interview réalisée par Onze Heures & qu’Art, relue et corrigée par Chantal Brebion pour kilti.org 

 

Loubette – Strasbourg

KILTI : Bonjour ! Peux-tu te présenter s’il te plaît?

Loubette : Oui, Thierry Loubette né le 05 juin 1957 à 54300 Lunéville.

  

K: Quelle est ta pratique artistique ?
L : Elle est plurielle et pas pratique du tout mais plutôt compliquée.

 

K: Quelles sont les thématiques que tu abordes dans tes différents projets? 
L : Aucune car toujours la même, celle du Hasard : je mélange les produits et matières, je laisse sécher le tout puis je fignole. Une fois sur deux je vais « trop loin » alors je recommence ce processus mais une seule nouvelle fois seulement et si « ça » n’a toujours pas fonctionné, je détruis. En général je détruis par le feu, de préférence de nuit.

 

K: Tu te définis comment ? Comme un artiste, un photographe, un plasticien, etc. ?

L : Je n’éprouve aucun besoin de me définir, je ne souhaite pas influencer la capacité au jugement d’un être humain qui se pense curieux.


K: Comment en es-tu venu à collaborer avec KILTI Strasbourg?

L : En utilisant mon véhicule automobile pour monter puis descendre le col du Donon, ensuite Grandfontaine- Strasbourg toujours en véhicule automobile puis une bicyclette une fois garé dans un quartier choisi à l’avance ou toujours le même : place de la Meinau, là où était le château. (merci djeb de touch-arts)


K : Où peut-on suivre ton travail ?

L : Il va vous falloir le trouver d’abord et une fois cela réalisé je vous conseille plutôt de passer devant lui car s’il se sent suivi, il va vous perdre.
Sinon il y a ma page facebook : https://www.facebook.com/loubette.officiel/

 

K : Peux-tu nous parler de Touch-arts et de votre collaboration ?

L  : Je vais faire un effort pour apporter au moins une réponse à ta question :

« …j’étais là-bas pour jouer sur une grande scène accompagné seulement d’une personne à la batterie car le duo est ma formule préférée (je suis un obsédé de l’idée du Couple). Bruno est arrivé avant la fin de la balance (terme technique d’équilibrage des volumes de puissance assumé par la ou les personnes qui sont en charge de la gestion de la sonorisation) et à la fin de cette balance, lui et moi, nous sommes allés visiter l’endroit où il m’a proposé de préparer une expo-concert. Je demande rarement alors c’est lui qui m’a parlé du budget alloué, le chiffre m’a effrayé, il était gros, trop gros pour moi tout seul, j’ai donc contacté Djeb pour lui proposer la gestion administrative de cette affaire… »

 


Interview réalisée par Onze Heures & qu’Art, relue et corrigée par Chantal Brebion pour kilti.org

Pouicpouic – Strasbourg

 

Kilti : Pourriez-vous vous présenter en quelques mots ?

Lucie – Atelier Pouicpouic Box : Je m’appelle Lucie. Après avoir pratiqué mon métier de scénographe durant quelques années pour des musées, j’ai eu l’envie de réaliser des projets plus personnels et de retrouver un médium que j’aimais beaucoup (mais que j’avais mis de côté) : la sérigraphie. Je me suis lancée il y a un peu plus d’un an en proposant mes créations et des faire-part sur mesure imprimés en sérigraphie.

 

K: Pouvez-vous nous parler de votre activité ?

L: Mon activité mêle de l’illustration, du graphisme, le volume et l’impression. La sérigraphie est une des techniques de gravures qui me plaît le plus car sa finition amène une touche d’élégance et j’aime particulièrement en jouer avec mes sérigraphies sur cartes postales anciennes. J’adore aussi jouer avec les volumes, et j’en profite bien lorsque je crée des papertoys !

 

K: Comment êtes-vous venue à collaborer avec KILTI ?

L: C’est Kilti qui m’a trouvée ! Je travaille principalement sur papier, mais la sérigraphie peut s’utiliser sur différents supports, dont le tissus et les tote bag !

 

K: Quels sont vos projets à venir ?

L: J’ai plusieurs faire-part en cours, une nouvelle série de cartes postales sur le feu et je vais créer une gamme de papertoys spécialement conçu pour les cadeaux de mariage. 


Interview réalisée par Onze heures &qu’Art, relue et corrigée par Chantal Brebion pour kilti.org

 

We Laventure

Kilti : Pourriez-vous vous présenter en quelques mots ?

Ingrid : We Laventure, c’est à la base un projet musical d’un frère et d’une sœur, Werner et (moi) Ingrid Laventure.

Julien et Hario, respectivement percussionniste et saxophoniste, ont décidé de rejoindre le projet il y a quelques mois.

 

K: Peux-tu nous parler de votre activité ?

I : On a centré notre projet sur la « black music ». Plus précisément la soul, le jazz ou encore le reggae.

Pour l’instant notre set se compose uniquement de reprises. Nous jouons en moyenne une fois par mois, dans les bars ou pour des événements spéciaux. Nous avons par ailleurs joué aux galeries Lafayette pour un défilé, une expérience intéressante. C’est toujours enrichissant de jouer dans des lieux qui ne sont pas forcément dédiés au monde du spectacle.

 

K: Comment en êtes-vous venus à collaborer avec Kilti Strasbourg?

I : Cet été nous avons eu l’occasion de jouer au Street Food and Music Festival de Kehl ! C’est là que Jessica de Kilti nous a « rencontrés » (ou plutôt son cousin qui nous a couru après pour nous demander notre carte quand on était sur le point de partir haha !). Elle nous a par la suite contactés pour le projet Kilti.

 

K: Quels sont vos projets à venir ?

I : Nous avons prévu pour début 2018 de faire un tri dans les reprises, garder celles qui bougent le plus et remplacer les autres par des compos ! Bien sûr on aimerait aussi faire plus de dates à Strasbourg !


Interview réalisée par Onze Heures & qu’Art, relue et corrigée par Chantal Brebion pour kilti.org

Capitaine Bowie – Strasbourg

KILTI : Bonjour Alexis ! Peux-tu te présenter s’il te plaît ? 

A : Nous nous présentons sous le nom Capitaine Bowie un atelier de création né en 2016 qui exerce principalement dans le print. Nous travaillons à deux, Raphaëlle et Alexis et nous essayons de nous stimuler créativement l’un l’autre !

 

K: Quelle est ta pratique artistique ?

A : Nous exerçons principalement du graphisme print mais aussi un peu d’illustration et de typographie.

 

K: Te consacres-tu à ta pratique artistique à temps plein ?

A : Malheureusement nous ne pouvons pas encore en vivre mais essayons de développer notre activité au maximum pour un jour pouvoir en vivre.

 

K: Quelles sont les thématiques que tu abordes dans tes différents projets? 
A : Nous travaillons principalement la couleur et la matière, plus c’est palpable plus l’on s’amuse ! Capitaine Bowie aime expérimenter, mêler les médiums, créer, découvrir.

 

K : Quel est ton rapport à la matière, à l’imprimé, à la couleur ?

A : Nous sommes de grands amoureux de la matière. A l’heure du digital, l’objet imprimé reste ce qui nous émeut et nous passionne. Dans ce monde où rien n’est palpable, la matière est ce qui nous touche.

Nous ne prétendons pas vouloir nous restreindre à la création imprimée, mais désirons la perpétuer.
K: Comment en es-tu venu à collaborer avec KILTI Strasbourg?

A : Par la rencontre de Jessica Poignard, la directrice artistique de Onze Heures & Qu’ART

 

K : Peux-tu nous parler de ton inspiration concernant le panier sur le thème « un air de famille » ?

A : Nous avons voulu jouer sur un côté décalé mais conceptuel, le thème étant « Un Air de Famille », nous avons choisi un pigeon, car au fond le pigeon c’est un peu notre animal de compagnie à tous !
Pour expliquer un peu le concept, on pourrait dire que le pigeon c’est un animal ultra familier, on a tous couru après étant enfant, on a tous voulu les attraper et maintenant que nous sommes adultes on s’en plaint parce qu’ils sont partout, tout le temps !

 

K : Le panier culturel est-il un moyen pour toi de valoriser et de faire connaître ton travail ?

A : Bien sûr, chaque travail visible est un moyen de nous faire connaître !

 

K: Quels sont tes projets à venir ? 

A : On a des planches de skateboard qui vont sortir prochainement chez Slide Box, et une petite série de prints va arriver très bientôt en quantité limitée. Nous avons aussi collaboré avec un restaurant de pâtes à emporter sur Strasbourg qui nous a confié toute la communication du projet !

K : Où peut-on suivre ton travail ?

A : Sur instagram ou sur facebook et bientôt sur notre site internet !

 

K : Peux-tu nous parler de la création de Capitaine Bowie depuis 2016 ?

A : Capitaine Bowie s’est créé sous le signe de l’amour ! Raphaëlle et moi nous sommes rencontrés durant nos études et à force de collaborer sur nos différents projets nous avons décidé de monter une structure légale pour pouvoir nous exprimer avec nos propres choix !


Interview réalisée par Onze Heures & qu’Art – relue et corrigée par Chantal Brebion

Dada Hu

Pour ma première interview Kilti, j’ai eu la chance d’échanger avec l’artiste Dada Hu, artiste Kilti-Lille, en voici quelques extraits…
Une partie de son travail est visible sur le site horsdubleu.wordpress.com que je vous recommande absolument, je suis devenue fan !

1) Pourquoi Dada Hu ? Qui es-tu et quel est ton parcours ?
Je ne sais plus exactement quand et comment Dada est né. C’est l’un de mes nombreux avatars, le mariage improbable entre Dalida, Joe Dassin, Agnès Varda, Henri Darger et un cheval.
La question de l’intime me taraude beaucoup. C’est ce que j’adore au ciné, en photo, dans les livres, les bd, et l’univers poétique de Varda me touche tout particulièrement!
Avant, il n’y a pas si longtemps, je signais « julien rigolo » (pas ma véritable identité non plus), mais il a fallu que j’en change quand on m’a fait remarquer que je n’étais plus vraiment rigolo (ce qui est archi-faux, pourtant!). J’ai les cheveux poivre et sel et je porte souvent des pulls moches. J’ai étudié le Cinéma (à Paris) parce que ça me semblait condenser tout ce que j’aimais : l’écriture, le dessin, la musique, le jeu… Mais c’est très compliqué de réaliser un film, long, fastidieux. Ça demande beaucoup d’argent et de gens. J’ai préféré revenir vers le dessin et fabriquer dans mon coin des petites histoires sentimentales.

2) On trouve dans tes œuvres des dessins mais aussi des textes… On remarque aussi beaucoup de portraits… Qu’est ce qui t’inspire ? Quelle est ta démarche artistique ?
Je dessine dans des carnets minuscules qui m’accompagnent partout, directement à l’encre la plupart du temps, sans filet. Ma démarche est lente et chaloupée, en équilibre instable. Je me déplace dans l' »art » comme je le fais dans la vie, de façon assez instinctive : j’ignore où je vais, je me promène, je regarde autour de moi, je me perds, je reviens sur mes pas, je tente des trucs, parfois ça marche et d’autres fois, pas. Ce sont les gens qui m’inspirent beaucoup, et c’est la raison pour laquelle je dessine surtout des visages, je crois. En cela, mon approche n’a pas changé par rapport à l’époque où, petit et extrêmement timide, je me servais du dessin pour communiquer avec les autres. D’ailleurs beaucoup des personnes que j’ai rencontrées ces dernières années sont liées au dessin d’une manière ou d’une autre. C’est un outil de sociabilisation incroyable.
Pour « hors du bleu » (Marguerite photo ci-contre), le petit livre que j’ai auto-édité l’année dernière, c’était différent: j’avais un cadre précis, et je m’étais fixé des contraintes (l’utilisation du Bic, par exemple, m’a poussé à adopter un style plus enfantin, un trait plus spontané, expressif).

2Sans titreIl y a des périodes où j’écris davantage que je ne dessine. Ces temps-ci, je m’efforce d’avoir de moins en moins recours aux mots (il y a trop de mots partout, on est encerclés par les mots, c’est l’overdose), je fais confiance à l’imagination du lecteur pour combler les trous.
La série des « arbres » c’est encore autre chose. Il s’agissait d’un projet en partenariat avec un ami photographe, qui a consisté à aller marcher pendant une semaine dans le Morvan et à documenter notre marche. Autant te dire qu’on a croisé peu d’êtres humains, et c’était très reposant ! Mais même quand je dessine des arbres, je me sens obligé de les humaniser, de leur prêter des caractéristiques humaines. J’en ai tiré aussi un mini-bouquin, que j’irai probablement écouler sur les festivals de micro-édition.

3) Te consacres-tu à ta pratique artistique à temps plein ? Sur quoi travailles-tu en ce moment, tes projets ?
Depuis 2 ans, je commence à m’assumer en tant que dessinateur, et bien que ça ne me rapporte pas un radis, je me consacre presque exclusivement à ça. J’ai déjà rempli un certain nombre de carnets que je scanne au fur et à mesure, et bientôt j’entrerai dans la phase laborieuse de mise-en-page et d’impression; je ne me fixe pas d’échéance, je sortirai ce deuxième volet d »hors du bleu » quand je le sentirai prêt à voler de ses propres ailes. Si j’ai le courage, j’essaierai également de relancer une impression du premier numéro, que j’avais tiré à un nombre restreint d’exemplaires (par manque d’ambition?) et qui est épuisé désormais.

4) Pour ce panier un air de famille tu nous fais la joie de réaliser un t-shirt, est-ce un support sur lequel tu as l’habitude de travailler ?

Pas du tout, ce serait même la première fois. Jusqu’à présent, j’ai eu très peu l’occasion de répondre à des commandes (avec un thème donné, en plus), si bien que je me mets une pression considérable, et je m’applique trop!

5) Comment s’est enclenchée cette collaboration avec Kilti ?

J’ai rencontré Laudine quand j’ai débarqué à Lille en 2010, via l’Hybride qui est vite devenu un de mes repaires/repères incontournables. Laudine en est partie pour lancer Kilti, mais on est resté en contact (on se croise régulièrement) et j’attendais impatiemment (mais sans réclamer) qu’elle me propose une collaboration. J’espère me montrer à la hauteur!

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interview réalisée par Naïna PATRICE , relue et corrigée par Chantal BREBION

OCTOBRE 2017 LILLE

Sac illustré par Thomas D’Addario (d’une valeur de 10€)

– Pour les Kilti maxi : Posters de Mandy Elbé (d’une valeur de 10€)

– Pack CD + graines + polaroïds du groupe LaBotanique (d’une valeur

de 12€)

– Des sorties culturelles proposées par : lille3000, Le Grand Mix, le Flow

et l’Orchestre de Douai (d’une valeur moyenne de 11€ par place)

– Pour les réabonnements annuels : un accessoire La Corde Au Cou (d’une valeur de 25€)


FEUILLE DE CHOU

Octobre 2017 – Bruxelles

– un sac illustré par Claire Lézier

– le CD « Vers l’infini et au-delà » de Youssef Swatt’s

– le livre « Belgian Artists On Paper » des éditions Vizion (sauf dans les Kilti Minis)   

– des sorties culturelles proposées par Fais le trottoir, FrancoFaune, Lezarts urbains, l’Atelier 210, Le Rideau, Chicon en ville

– une surprise avec la version CD du documentaire radiophonique « Boom Bap sur Meuse« 

– pour les abonnés à l’année, des places pour une conférence-performance à l’ISELP, suivie d’une visite guidée au Art et marges Musée


FEUILLE DE CHOU

Thomas d’Addario, évolutions perpétuelles

Thomas d’Addario a réalisé le visuel du panier lillois « Cultures Urbaines » 

 

– Raconte-nous ton parcours

Après des études de graphisme dans la région, je suis devenu designer graphique et illustrateur indépendant.

Il y a bientôt 4 ans, j’ai co-créé le collectif Parallèle Graphique basé à Lille (http://www.parallelegraphique.com).

Je suis également co-fondateur et contributeur du Tumblr BimBAAM, un blog de tendance graphique suivi par plus de 40 000 personnes. ( http://bimbaam.tumblr.com/)

 

– Tu fais partie du collectif Parallèle Graphique, explique-nous votre travail

Parallèle Graphique existe depuis 2014 à l’initiative de Marceau Truffaut, Chloé Plassart et moi.

C’est un collectif de design graphique print et digital. Ensemble nous collaborons sur des projets principalement culturels ou sociaux comme par exemple Les chroniques du Centre Oscar-Lambret ou La Vague.

En parallèle à ce travail, nous développons des illustrations personnelles (sérigraphies en éditions limitées, numérotées et signées).

 

– Qu’est ce qui t’inspire pour tes illustrations ?

Mes travaux personnels ont une vision pop et urbaine. Faire de l’illustration est complémentaire avec mon métier de designer graphique, ça me permet de changer de support pour explorer de nouvelle chose.

J’ai tendance à m’éloigner de la réalité pour tenter de créer des univers pop et de plus en plus colorés.

 

– Qu’est ce qui t’a plu dans le thème du panier Kilti de cette saison ?

Justement cette thématique culture urbaine qui me correspond bien. Thématique en perpétuelle évolution.

 

– De manière plus générale, qu’est ce qui t’a donné envie de travailler avec le Panier Kilti ?

J’aime beaucoup l’idée de démocratiser la pratique culturelle et la démarche de découvertes locales.

 

– As-tu d’autres projets en cours ?

Oui avec Parallèle nous avons pas mal de projets dont la comm d’un festival de musique qui va bientôt sortir !

Et aussi pas mal d’illustrations qui dorment pour l’instant dans mon carnet de recherches.

Thomas D’ADDARIO

Parallèle Graphique

+33 7 69 72 45 36

thomas.daddario@gmail.com

www.parallelegraphique.com

 


Interview réalisée par Léa Parent, relue et corrigée Chantal Brebion

Kilti-Paris, c’est fini !

Article rédigé en juin 2017


Kilti-Paris, c’est fini !

Face à des difficultés matérielles et financières, nous avons décidé de mettre en pause le projet de panier culturel à Paris.
Après 3 années de distribution de paniers, de merveilleuses rencontres avec les artistes et nos partenaires, nous sommes dans l’obligation d’arrêter temporairement le projet.

Depuis juin 2014, Kilti, votre panier culturel, a tenté de s’implanter sur la région Ile de France. De nombreux et prestigieux partenaires et artistes nous ont fait confiance.
Diverses demandes de subventions ont été effectuées, mais ont souvent subi un refus.

Outre les aides publiques, la seconde source de financement est la vente de paniers. L’argent récolté sert en priorité à rémunérer les artistes et salles de spectacles. Le bénéfice dégagé doit payer le fonctionnement de l’association ainsi que le coût lié au salaire d’une personne nécessaire au fonctionnement du panier parisien. Or, ce bénéfice est loin d’être suffisant pour payer tout cela. L’association ne peut plus se permettre de soutenir ce projet.

C’est donc avec beaucoup de tristesse que nous vous informons que le panier parisien est mis en pause. Notre objectif était double : pour les artistes, contribuer à faire éclore et perdurer la création artistique. Pour le public, lui apporter une programmation innovante, riche et de qualité à des tarifs attractifs. Les efforts ont été fournis pour atteindre ces objectifs, de notre part mais également de la part des artistes et partenaires, qui nous ont souvent proposé des tarifs attractifs afin de nous soutenir, pour vous offrir des paniers bien garnis.
Nous souhaitons remercier tous les partenaires artistiques et culturels qui nous ont aidé à faire de Kilti une belle expérience humaine, mais également, nos publics, qui ont cru en Kilti.
Nous tenons également à remercier toute l’équipe qui s’est démenée au quotidien depuis trois ans pour vous proposer de superbes paniers : Garance, Véronique, Aurélie, Prune, Graziella, Camille, Ramon, Thibault, Sarah, Anaïs, Juliette, Claire, Marion, Lucie, Sophie, Mathieu…

Un immense merci à tous pour votre aide, votre soutien. Nous espérons de tout cœur pouvoir continuer cette aventure avec vous dans les années à venir, nous espérons vous dire à très bientôt !

La suite :
– Si vous être une structure et que vous souhaitez redonner vie au projet Kilti-Paris, n’hésitez pas à nous contacter !
– Le projet Kilti-Paris perdure pour les groupes : n’hésitez pas à nous contacter pour que nous vous concoctions un panier culturel local (valable à partir de 25 commandes)

Dans tous les cas, nous vous tiendrons informés de l’avancement de l’année et des éventuelles décisions prises par notre équipe. Pour toute remarque ou question, vous pouvez nous joindre sur l’adresse contact@kilti.org

L’équipe de Kilti

Les artistes : Toteshop, Virginie Gauthier, Revue Cassandre, Revue Tind, Mister Crock, Luce del Canto, Hu Wei, Bodo, Laure Fissore, Bastien Phung, Revue Citrus, Revue Galante, Aude-Laurence Clermont Biver, Philippe Nesman, Revue numérique Ulyces, Anthelme Hauchecorne, Human Teorama, compilation FAIR, Fuoco e Cenere, Lucile Hadzihalilovic, Collectif Meskaprod, Lenny Mathé, Amaël Isnard, Mlle Maya, Laëtitia Serano, Magali Cazo Collection des Plis, Revue Jef Klak, Georgette Bonnier, Revue Médor, Revue Le Rapin, Revue TOUT, Revue Magazine 75, Les films au Clair de Lune, Anne Benhaïem, Ladyboy project, Compilation Objet disque, Le Pieton, Louise Duneton, Tommy Dessine, Méthode, Elvire Caillon, Aurelien Jesel (Riso Presto), L’insatiable, Papotart, Laura Ancona, Singa, Melle Berthelo, Khaled Al Kuntar, Tallafe, editions Supernova, La Maison du Directeur, Ryadh, Cie l’Unanime, Fany Péret, La Racaille de Shanghaï, Wait Gallery, Alice Leblanc Laroche.

Les lieux : Centre Culturel Suisse, l’étoile du Nord, Théâtre Paris-Villette, Maison des Métallos, Grand Parquet, Petit Bain, Théâtre de Vanves, Théâtre de la Cité Internationale, Monfort, Théâtre des Bergeries, La Gaîté Lyrique, Le théâtre Gerard Philippe, le BAL, le Tarmac, la Maison de la Poésie, Centre Mandapa, Le Générateur, Théâtre Dunois, Théâtre Paris Villette, Le Monfort, Théâtre de Ménilmontant, Centre National de la Danse (CND), Théâtre et cinema Paul Eluard de Choisy le Roi, Villes des Musiques du Monde, CWB, La Loge, Théâtre de la Bastille, Anis Gras, Théâtre de Belleville, FGO barbara, Théâtre de l’Echangeur, Les Rencontres Internationales de Seine Saint Denis, Le Théâtre de la Commune, Le Musée du Quai Branly, La MAC (Maison des Arts de Créteil), Le Carreau du Temple, Musée Picasso Paris, Maison Victor Hugo, CND, Cinema Le Louxor.

Mandy Elbé, future designer graphique

Mandy Elbé est artiste-partenaire de Kilti-Lille pour le panier d’octobre 2017 sur le thème des Cultures Urbaines. Pour ce panier, elle va travailler sur la photographie et la mode…

Inscriptions jusqu’au 20/9/2017 en cliquant sur ce lien


 

KILTI : Bonjour ! Peux-tu te présenter s’il te plaît? 

Mandy Elbé : Bonjour, je suis Mandy, étudiante en Design graphique à L’ESAD d’Amiens (école supérieur d’art et de design)

 

K : Combien d’année d’études te reste-t-il avant d’être diplômée ?

ME: Il me reste un an pour être  diplômée d’un DNAP design graphique mais j’aimerais aller jusqu’au DNSEP qui est l’équivalent d’un bac +5. 

 

K: Qu’elle est ta pratique artistique ?

ME: Je suis donc dans une démarche de production lié au graphisme, à l’image en générale. Ce qui m’a permis de développer une passion pour la photographie argentique. 

 

K: As-tu une pratique hybride du coup ? (Photographie/graphisme). Pourquoi ?  

ME: Oui, car dans notre branche il est nécessaire d’être un peu touche à tout afin de se familiariser à plusieurs techniques. 

 

K: Te consacres-tu à ta pratique artistique à temps plein ?

ME: Pour être graphiste il faut être curieux et savoir observer, c’est donc quelque chose que je fais au quotidien, l’inspiration est partout …  C’est pourquoi je me suis prise d’affection pour la photographie. Ce médium me permet de mettre en mémoire mes coups de cœur visuels. C’est pourquoi j’ai toujours un appareil photo sur moi !

 

K: Quelles sont les thématiques que tu abordes dans tes différents projets? 
ME: Étant étudiante j’aborde des thématiques très vastes et variées telles que les usages sociaux de la photographie, la mode, le bienfait de l’art sur la société

 

K: Comment en es-tu venue à collaborer pour le panier Kilti? 

ME: L’idée d’une collaboration avec Kilti est née durant un stage au sein de l’association. 

 

K: Quels sont tes projets à venir ? 

ME: J’aimerais tout d’abord réussir mon diplôme et intégrer l’école de mon choix. En ce qui concerne le personnel nous sommes en train de développer un collectif de musique : Sub Project,  c’est un projet culturel, musical et artistique, qui a pour objectifs de rassembler et promouvoir les sous-cultures à travers divers événements…

 

K: C’est génial comme projet ! Où est ce que ça va se passer et à partir de quand ? 

ME: Ça a déjà débuté depuis un an, nous sommes basés sur la région Hauts-de-France, vous pouvez nous retrouver sur des événements musicaux à Lille, Amiens, Compiègne et Paris.


 

Interview réalisée par Jessica Poignard – relue et corrigée par Chantal Brebion

Labotanique

 

Qu’est ce qui vous a donné envie de participer au panier Kilti ?

Thomas : Le circuit court est une notion qui nous semble essentielle. L’élargir au secteur culturel contribue à la diffusion de projets en développement comme le nôtre. Ça nous permet de faire connaître notre univers à un public concerné et ainsi de grandir notre communauté de botanistes !

 

Comment est né LABOTANIQUE ?

Thomas : Nous nous sommes tous deux rencontrés durant nos études d’agronomie il y a quelques années. Nous étions à cette époque assez branchés sur l’art nouveau et l’univers botanique nous plaisait beaucoup. Ronan avait déjà écrit une nouvelle que j’avais appréciée et il commençait à rapper. De mon côté, je démarrais un projet de musique électronique en solo et sortait de plusieurs années avec un groupe de funk. L’idée d’une collaboration nous plaisait bien. Et puis, d’une chanson est arrivée un EP puis le projet de groupe est né.

 

Comment définiriez-vous votre style ?

 

Ronan : Notre musique s’apparente à du rap pour son scandé, mais les mots qui sont dedans vont autant chercher dans l’esthétique de cette scène que dans le slam ou la chanson française. Nous créons une musique hybride avec une grande part de musiques électroniques et bientôt de la chanson.

 

Pourquoi une telle obsession des plantes ?

Thomas : A l’origine LABOTANIQUE, c’est lié à notre rencontre, ça nous semblait fédérateur, porteur de valeurs et avec une pointe d’ambiguïté. Ce n’est donc pas une obsession mais plutôt une porte d’entrée vers notre univers. Elle est porteuse de notre histoire et du regard sensible, on pourrait même dire organique, que l’on souhaite poser sur la musique. Autour de la forêt gravitent de nombreux univers, et elle est leur point de rencontre. Dans notre dernier EP on passe par exemple de l’Amazonie aux confins de l’espace, ou de notre matière grise à une vieille usine rouillée … 

Ronan : C’est également notre lien entre la création artistique et les sciences, ça nous permet de mixer des univers, d’être transdisciplinaire

 

Qu’est-ce qui vous inspire, quels artistes ?

Thomas : En tant que producteur je dirais la scène new-beats de L.A. comme Flying Lotus, MNDSGN, Knxledge mais j’aime aussi des producteurs aux styles plus variés comme Bibio, Dorian Concept, Chilly Gonzales ou encore des projets plus technos comme Moderat, Nathan Fake ou Nicolas Jaar.

Ronan : Pour ce qui est de l’écriture et de l’oralité, mon projet secret est de faire communiquer Oxmo Puccino avec Serge Gainsbourg, George Brassens avec La Rumeur, ou encore Feu! Chatterton avec Abd Al Malik … Peut-être un jour autour d’un café !

Ronan : En définitive, nos influences variées donnent une couleur innovante à notre projet. On pourrait dire que sur scène notre projet est la rencontre de Gaël Faye pour les textes et d’Odezenne pour la configuration live.

 


interview réalisée par Léa Parent, relue et corrigée par Chantal Brebion

Collectif Gonzes

Pour ce dernier panier de la saison, Kilti-Lille a souhaité faire appel au Collectif Gonzes pour travailler sur le thème « Pigment d’Espelette ». Dans le sac, on trouve donc un « Combo Piquant », proposition des 6 filles membres de cette toute jeune association. Nous avons rencontré Esther et Fanny qui nous ont parlé de ce projet et de leurs visions de l’art.

Kilti – Pouvez-vous vous présenter ?

Esther – je suis Illustratrice jeunesse et designer, à la fois dans le graphisme, l’objet et l’espace.

Fanny – et moi, je suis designer avec une mention spéciale pour le monde équestre.

Kilti – Comment est né le Collectif Gonzes ?

Esther – A l’origine, nous sommes six amies de l’ESAD (École Supérieure d’Art et de Design) de Valenciennes. Deux d’entre nous étaient en section art et les autres en design. Nous formions une excellente équipe pendant nos études, et c’est avec évidence que nous avons continué l’aventure une fois diplômées.

Kilti – Pourquoi le nom de Collectif Gonzes ?

Fanny – Cela a été un vrai sujet. On a essayé de trouver une ligne, un fil conducteur, on a toutes fait de nombreuses propositions. Puis nous avons opté pour « Gonzes », terme qui signifie homme, individu en général. Ça nous définissait plutôt bien. On a aimé ce décalage avec le fait qu’on soit six filles. Par ailleurs, nous ne sommes pas contre le fait qu’un jour un garçon fasse parti du Collectif (rires).

Kilti – Depuis quand existe le collectif ?

Fanny – Début d’année 2016, c’est assez récent mais déjà riche en projet !

Kilti – La création de l’association a-t-elle été simple ?

Fanny – En ce qui concerne notre statut, nous nous sommes rapprochées du Centre Ressource de la Malterie qui accompagne les artistes sur leur statut juridique. Leur aide nous a été précieuse, car après concertations nous avons décidé d’adopter le statut d’association.

Kilti – Et comment fonctionne votre association ?

Fanny – Nous faisons parties du bureau de l’association car nous voulions être membre actif de celle-ci. Chaque rémunération est directement reversée à l’association, ainsi nous pouvons débloquer un budget destiné aux événements futurs qui nous sont proposés ou à des appels à projet. C’est avant tout un moyen pour nous de nous réunir, d’échanger, de partager autour de sujets tels que l’art et le design.

Esther – Nous n’intervenons pas systématiquement toujours ensemble. Chacune est libre de choisir les projets qui lui correspondent le mieux.

Fanny – Nous avons toutes des emplois du temps différents, deux d’entre nous vivent d’ailleurs à l’étranger. Il faut savoir s’adapter à chaque situation.

Kilti – Avez-vous un local ?

Esther – Nous sommes à l’Usine Bis dans le quartier de Moulin à Lille. Il s’agit d’un atelier qui nous permet de stocker et à la fois d’entreprendre de nouveaux projets.

Kilti – Pouvez-vous nous parler de quelques projets de Gonzes ?

Fanny – Récemment, nous avons participé aux « Fenêtres qui parlent » où nous avons choisi de travailler sur le thème “Forêt danse” cela reprenait à la fois des techniques d’illustrations, de street art et de collage sur les façades et intérieur de maisons. Nous avons également collaboré avec le CRP (Centre Régional de la Photographie à Douchy-les-Mines).

Esther – Dans ce cadre, nous avons réalisé un workshop de trois jours avec des étudiants de l’ESAD. Sur cette période, on leur a proposé de travailler autour du mouvement du corps, de la présence, de la parole, de l’expression et de la voix. Ces trois jours ont abouti à une performance pendant le vernissage de l’exposition “Manifestations” au CRP. Le public n’était pas averti ce qui a semé un trouble général. Les personnes invitées ne savaient pas comment réagir face à cette performance.

Fanny – C’était une très belle expérience autant pour nous que pour le public car nous avons dû nous adapter aux différentes réactions des personnes qui étaient déstabilisées.

Esther – Nous nous sommes dispersées dans le public et nous chuchotions des paroles, des vers de plus en plus fort. Les gens étaient assez intrigués au début et au fur et à mesure, ils ont compris que quelque chose se passait et se sont laissé prendre au jeu. Pour au final n’entendre que la voix des performeurs et celle de l’oratrice.

Kilti – Avec cette performance théâtrale, on s’éloigne de l’illustration et du design

Esther – On a plusieurs casquettes, on n’a pas forcément de champs respectifs ni d’étiquettes. On peut très bien pratiquer plusieurs disciplines, le design se nourrit de l’art tout comme l’art se nourrit du design.

Fanny – En effet, on va peut être plus garder notre identité à l’extérieur du collectif notamment dans le cadre de notre métier. Mais une fois à l’intérieur, on ne se prend plus la tête, si on a envie de faire quelque chose d’artistique on le fait.

Esther – Ce n’est pas parce que tu es designer que tu dois ne faire que du design. On explore aussi des choses qu’on n’a pas forcément exploré dans le cadre de nos études.

Kilti – Comment en êtes-vous venues à collaborer pour le panier ?

Fanny – Clara, à la fois membre du collectif et en service civique chez Kilti, nous a proposé de participer au projet du panier. On a donc proposé ce petit « Combo Piquant ». Il s’agit d’un ballotin de graines biologique car nous sommes attachées aux enjeux écologiques. C’est aussi le propos du collectif, six artistes, qui traitent de divers sujets, sur divers supports en pratiquant plusieurs disciplines.

Kilti – Quelles sont vos activités en parallèle ?

Fanny – Je suis intervenante en design dans une école préparatoire Arts à Calais. Puis, designer indépendante spécialisée dans le milieu équestre (graphiste et objet). En complément, je travaille également au Musée de la Chicorée à Orchies où je gère essentiellement l’équipe de médiation.

Esther – Moi je suis illustratrice, c’est assez récent. J’ai découvert cette passion suite à un service civique d’animatrice nature, au contact des enfants cela m’a donné envie de créer pour eux. J’aimerais aussi travailler en tant que styliste infographiste dans une maison de textile et pourquoi pas entreprendre des projets dans l’illustration jeunesse.

Kilti – Quels sont vos projets à venir ?

Esther – L’objectif du Collectif est d’avoir un espace à nous dans lequel on aimerait coordonner à la fois des ateliers mais aussi en faire un lieu d’expositions. Le but serait d’aller à la rencontre d’artistes et de faire découvrir de nouveaux talents. Ce lieu serait un espace d’échange hybride.

Kilti – Avez-vous des projets à court terme ?

Fanny – On a répondu à certains appels à projets comme celui d’Arras : Appel d’air. Le travail tournerait autour de la création de projets dans l’espace public. Certaines d’entre nous vont aussi participer à un workshop à l’écomusée de l’Avesnois. C’est une rencontre de designers et d’artistes qui dure quatre jours. L’idée est de constituer des équipes en fonction de thèmes proposés et d’aboutir à un objet en verre. La communication, le packaging, la scénographie, doivent être pensés pour la présentation finale dans un temps très court et intense.

Esther – Ce projet est stimulant car nous sommes très productives sur un temps court.

Kilti – Avez-vous des bons retours sur vos travaux ?

Fanny – Pour le moment, chaque collaboration a plutôt bien fonctionné. Nous en sommes à notre deuxième participation aux Fenêtres qui parlent et nous y seront invitées l’année prochaine. C’est plutôt très positif.

Kilti – Où peut-on retrouver vos travaux ?

Esther – Sur notre site web, notre compte instagram et notre page facebook.

 


Interview réalisée par Capucine Cliquennois, relue et corrigée par Chantal Brebion

Py Niouf sur Rue, médiatrice culturelle, designer et plasticienne

Dans le dernier panier de la saison nous avons trouvé une petite broche en forme de piment. Si vous êtes intrigués par cet accessoire, Kilti vous présente l’artiste qui se cache derrière lui. Py Niouf sur Rue, à la fois membre du collectif Gonzes et du collectif (association) Piñata, nous a parlé de ses créations et de ses thèmes de prédilection.

Kilti – Peux-tu te présenter ?

Jeslyna – Je suis Jeslyna alias Py Niouf. Je suis aussi membre et présidente du collectif Gonzes et de Piñata, une association de micro-édition.

Kilti – Qu’as-tu réalisé pour le panier « Pigment d’Espelette » ?

J – Pour ce panier, j’ai réalisé des broches piments en parallèle des combos piquants proposés par le collectif Gonzes. Ce sont des petits objets que je fais assez souvent (les broches). Je trouvais ça assez rigolo de faire des petits piments et c’est en rapport avec le thème.

Kilti – Le thème de ce mois-ci t’a t-il inspiré ?

J – Le thème m’a parlé parce qu’en premier lieu j’aime beaucoup travailler sur les jeux de mots (rires). Avec les piñatas, je venais justement de finir une série de broches réalisées sur des jeux de mots alimentaires comme (idiomastimes gastronomique) « avoir la pêche » ou « avoir la banane ». Par conséquent, le thème « Pigment d’Espelette » collait tout à fait. J’ai travaillé le mot pigment un peu différemment mais de toute façon, ce sont des petits objets que j’aime bien faire et qui me font rire. 

Kilti – Quelles sont tes activités artistiques et professionnelles ?

J – Je suis médiatrice culturelle, designer et plasticienne. Professionnellement, je suis plus médiatrice culturelle, je suis actuellement intervenante artistique à l’atelier Galerie Blue. Sinon, au sein du Piñata, je suis chroniqueuse dans leur fanzine, je réalise des interviews, des portraits d’artistes et des présentations de lieux. Artistiquement, j’aime créer de mes mains et je travaille plusieurs supports comme le bois ou le plexi et aussi la découpe laser. Je fais aussi de la gravure, de l’illustration ou encore de la photo. Parfois je mêle ces disciplines.

Kilti – Es-tu artiste, médiatrice ou designer ?

J – Je suis les trois en même temps. Dans mon travail de designer, on me disait que j’étais très plasticienne. Je n’arrive pas à choisir car d’un projet à l’autre, d’une envie à l’autre, ces disciplines se nourrissent transversalement.

Kilti – Quels sont tes thèmes de prédilection ?

J – Dans Py Niouf sur Rue, j’aime traiter les animaux tout simplement parce que j’aime ça. Je réalise souvent des accessoires en forme de têtes d’animaux. Dans mon travail photographique et plastique, j’aime beaucoup faire des photos du quotidien, je travaille aussi pas mal sur les espaces abandonnés. De plus, je ne fais pas vraiment du street art mais c’est quelque chose qui m’intéresse.

Kilti – Les thèmes que tu traites évoluent-ils ?

J – La friche, par exemple, m’a toujours intéressée, et même si ça évolue plus ou moins, c’est difficile à définir. Forcément, il y a une évolution peut-être sur l’observation.

Kilti – Cumuler la position de médiatrice culturelle et d’artiste, est-ce une chance ?

J – En tant que médiatrice, je trouve qu’à Lille il se passe énormément de choses, et pour ça c’est génial. Certes nous sommes beaucoup à chercher du boulot mais il y a aussi beaucoup d’offres. Cependant, je sais que c’est difficile de faire le choix de travailler dans le secteur culturel mais ce n’est pas vraiment ma réalité pour le moment donc je ne me plains pas. En tant qu’artiste, depuis que je suis sortie de l’école, je fais des trucs pour moi car pour le moment je ne me suis jamais posé la question de comment montrer mon travail ou comment je peux en vivre. Ce n’est pas une priorité pour moi. Par la suite, mon travail a plu alors j’ai commencé à réaliser mes créations pour les autres. Aujourd’hui je n’essaye pas forcément d’en vivre mais j’aime pouvoir partager ça et en vendre parfois.

Kilti – Pour finir, quels sont tes projets à venir ?

J – Je fais un marché à Valenciennes le 12 août prochain dans lequel on verra mes créations de Py Niouf sur rue. Je participerai aussi au salon Microscopie, un salon de micro édition aux cotés des piñatas le 7 et 8 octobre.

Mode de livraison

La distribution festive :  A chaque édition, une soirée de distribution de paniers est proposée pour rencontrer les artistes et les acteurs culturels locaux ayant contribué au contenu de votre panier. A cette occasion, vous pouvez également choisir les places que vous souhaitez mettre dans le panier !

Le point relais : Vous ne pouvez pas être présent à la soirée ? Pas de panique ! Votre panier vous attendra dans un point relais. L’adresse du point relais vous sera envoyée après la commande.

L’envoi postal : Pour 8€ seulement, votre panier vous sera envoyé par courrier

Juin 2017 – Pigment d’Espelette – Lille

– Sac illustré par Albert Foolmoon (d’une valeur de 10€)

– Une petite Boîte de la Wait Gallery contenant 10 illustrations (d’une valeur de 13€)

– Pour les Kilti maxi : Un «Combo Piquant» de Py Niouf sur rue et du Collectif Gonzes

– Des sorties culturelles proposées par : L’Orchestre National de Lille, le Collectif Muzzix, le Théâtre du Nord, Le Familistère de Guise, Le Festival Strawberry Fest à la Ferme d’en Haut (d’une valeur moyenne de 12€ par place)

Les plus :

– Un CD du groupe Lillois Les Trois Coups

– Pour les réabonnements : un accessoire de La Corde Au Cou (d’une valeur de 25€)

 


 

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Juin 2017 – Pigment d’Espelette – Bruxelles

– un sac + une carte postale illustrés par Yohan Sacré

– l’album Vermillon de RIVE

– le jeu de société Sheep Sheep aux éditions AZAO GAMES (sauf dans les Kilti Minis)   

– des sorties culturelles proposées par Tartine et Boterham, Muziekpublique, la Péniche
Tenace
, Le Cinéma Vendôme et le Kuumba

– une surprise avec des places pour un spectacle au Kings of Comedy Club

– pour les abonnés à l’année, un sachet de graines de Piment d’Espelette proposé par Semailles


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Juin 2017 – Pigment d’Espelette – Paris

-Illustration : La Racaille de Shanghaï. http://laracailledeshanghai.tumblr.com Sérigraphié par Toteshop.http://toteshop.blogspot.fr 

-Une boîte de Polaroïds de la Wait Gallery https://www.waitgallery.com avec les illustratrices Superfeat et Charlène Desfougères. 

-Pour les Kilti Maxi : CD de Ryadh, je rêve http://ryadhmusique.com . 

Spectacles :  Des hommes en devenir au théâtre Paris-Villette http://www.theatre-paris-villette.fr, Soma et l’Opoponax à la Maison des Métallos http://www.maisondesmetallos.paris, On purge bébé au théâtre de l’Etoile du Nord http://www.etoiledunord-theatre.com 


 

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Louise Duneton, artiste, autrice et illustratrice

1 – Pourrais-tu te présenter ?

J’ai été diplômée de l’atelier d’illustration de l’Ecole des Arts Décoratifs de Strasbourg (HEAR) en 2011 et depuis je suis artiste, autrice et illustratrice, c’est à dire que je travaille à la fois pour des commandes d’affiche ou de presse, des livres, mais également pour des expositions.

 

2 – Comment définis-tu ton style ? Quelle est ta démarche artistique ?

Pas facile comme question ! Mais disons que j’ai un travail qui s’apparente à de la peinture (même si je travaille avec des encres de couleur) et qui est plus pictural que graphique. Je navigue entre la jeunesse et les dessins davantage pour adultes… J’aime jongler entre plusieurs publics.

 

3 – Tu sembles travailler beaucoup sur le corps humain et les animaux, d’où vient cette inspiration ?

J’ai toujours été fascinée par les planches anatomiques à usage médical où le corps est morcelé, ainsi que par les images de viandes de certains peintres (en particulier Bacon, Soutine…). J’explore les intérieurs d’humains ou d’animaux en les ramenant à la surface… Je retravaille ces formes en leur donnant un aspect harmonieux de loin, mais qui persistent à pouvoir être répugnantes et dérangeantes lorsqu’on se figure à quoi elles correspondent..

 

4 – Comment as-tu collaboré avec Kilti ? L’illustration que tu as faite sur le sac est différente de tes travaux en général très colorés, as-tu eu une consigne précise pour illustrer le panier ?

En effet, même si j’aime beaucoup le noir et blanc, mon travail ces dernières années a décidément basculé dans la couleur… Pour le panier Kilti j’ai donc essayé de créer une forme plus graphique que d’habitude, une image forte et ambiguë entre le « dedans et dehors » puisque c’était le thème !

 

5 – En plus de l’illustration et du dessin, tu fais de l’édition. Est-ce un projet nouveau pour toi ? Ou as-tu toujours voulu en faire ?

L’édition est un support assez naturel lorsqu’on travaille l’illustration puisque nos dessins sont destinés à être imprimés. Le livre est un outil de recherches très passionnantes à la fois comme terrain d’expérimentation pictural mais également au point de vue de la narration.

 

6 – As-tu des projets à venir ? Des thèmes particuliers sur lesquels tu souhaiterais travailler ?

Je prépare en ce moment une nouvelle exposition personnelle qui aura lieu en avril 2018 en Bourgogne, ainsi qu’un nouveau projet d’album jeunesse.

http://www.louiseduneton.com/


Interview réalisée par Thomas Sarfati – Relue et corrigée par Chantal Brebion

 

 

Benoît Dobbelaëre

Benoît Dobbelaëre est un artiste du Littoral. Nous avons posé 4 questions à cet artiste que vous avez pu découvrir dans le panier Nord de France.
Pour plus d’informations : www.ema-monde.com
Comment définissez-vous votre style ? Quelle est votre démarche artistique ?
 
Mon style, si il existe, est un mélange baroque symbolique à tendance romantique.
 
Mon travail tourne autour d’un personnage que je nomme ÉMÂ. De nature masculine et féminine, elle est assemblée comme une machine, il est divisé en deux. Elle existe et prend forme par l’installation, la vidéo, la peinture, le photo-montage…
Mon travail est narratif, ÉMÂ vit, évolue, mais elle est dépendante de ma propre trajectoire. Il est tributaire de mes expériences et de mes découvertes. Si je veux générer la suite de son histoire, je me dois de progresser, de m’instruire, d’évoluer aussi. Je m’exprime à travers cette muse.
 
Vous travaillez beaucoup autour de la question du genre. D’où vient cette inspiration ?
 
En 2004 j’ai créé un personnage sous la forme d’une poupée, je lui ai rajouté une compagne pour enrichir mon champ d’inspiration. Cependant l’idée de deux personnages ne me convenait pas, j’avais le sentiment que ce personnage devait être unique pour m’en faire un moi à part entière, alors je les ai réunis par un cordon au niveau de leur tête.
C’est comme cela que je joue sur un personnage constitué d’une partie féminine et une partie masculine.
Le travail sur le genre découle de cette construction mentale que je me suis faite en créant ce personnage, et me rappelle 
à quel point j’aime l’idée d’une ambiguïté dans chacun d’entre nous sur cette notion.
 
Pourriez-vous nous décrire votre univers de création à Dunkerque ?
 
J’ai depuis plusieurs années un atelier pour ma pratique artistique dans les locaux de l’association Fructôse. Cet atelier me sert essentiellement pour la création de sculptures (assemblage, pierre).
Mais Dunkerque est aussi pour moi un vaste décor pour mon inspiration, la multitude d’environnement comme les usines, les dunes, les forêts et les espaces à l’abandon, font de ce lieu ma source d’inspiration pour la réalisation de mes courts-métrages. je pense que Dunkerque aura joué un rôle dans mon univers. 
 
Pourquoi avez-vous participé au panier culturel Kilti ? Est-ce que ça a été une bonne expérience ?
 
Ma participation au panier Kilti me plaisait dans son concept de diffusion jouant sur la surprise, recevoir mes courts métrage sans pour autant connaître mon travail m’amuse.
Cette expérience m’a plu car elle me met dans une situation où je ne vois pas la réaction du spectateur, mon DVD devient un objet, cette réflexion me plait, c’est pourquoi je pense que ma participation est une bonne expérience.

Gaël Henry

Gaël Henry
www.gaelhenry.wordpress.com

Gaël Henry est un dessinateur, illustrateur, photographe et sculpteur lillois. Nous avons posé 5 questions à cet artiste que vous avez pu découvrir dans le panier du territoire Nord de France, et qui a sorti une BD intitulée « Alexandre Jacob, journal d’un anarchiste cambrioleur »

(scénario : Vincent Henry – dessin : Gaël Henry. Aux Editions Sarbacane. Sortie le 6 janvier 2016.)

 

Comment définissez-vous votre style ?
Quelle est votre démarche artistique ?

Je suis à mi-chemin entre la vieille photographie noir et blanc (pour l’esthétique, l’aspect graphique) et le « cartoon » (traits de personnages expressifs) !
 
Quel moyen d’expression vous est le plus proche ? (peinture ? dessin ? sculpture ? photographie ?) Pourquoi ?
La photo bien sûr, qui est un outil indispensable en BD (documentations, recherche).
Mais dans la pratique, je préfère la sculpture, très relaxant (sur argile), ça me permet de me vider l’esprit sans but précis !
 
Est-ce que vous avez un dessinateur préféré ou une BD préférée ?
Pas vraiment… J’ai des affinités qui évoluent selon mon humeur, mon envie etc.
La dernière BD marquante que j’ai lue est « Junker » de Simon Spruyt.
Sinon les gens rapprochent mon travail, sur l’album BD, à celui de Christophe Blain… il faut croire que je l’apprécie alors !Dites-nous quelques mots de votre nouvelle BD.
A qui pourrait-elle plaire ?
C’est l’histoire d’Alexandre Marius Jacob (né en 1879) un anarchiste cambrioleur ! un mec qui a sillonné les mers du globe, embrassé la cause anarchiste, constitué une équipe de « travailleurs de la nuit » créditée de près 500 cambriolages dans les demeures bourgeoises et les églises (pour donner aux pauvres), transformé son procès en tribune politique et survécu au bagne de Cayenne où il passa 22 ans…
Bref un personnage un peu hors-norme !

Avec une histoire aussi riche, ça ne peut que plaire à tout le monde, féru de récit historique ou d’aventure !

Pourquoi avez-vous participé au panier culturel Kilti ?
Est-ce que ça a été une bonne expérience ?

On ne peut que soutenir la démarche d’un panier culturel comme Kilti et l’aider à se développer !
Et puis avoir son dessin sérigraphié sur tout plein de sacs, ça fait toujours plaisir…

Sophie Racine

Sophie Racine
cargocollective.com/sophieracine

Sophie Racine est une artiste bruxelloise que vous avez pu découvrir dans le panier Kilti Bruxelles. Nous lui avons posé 4 questions.

Comment définissez-vous votre style ? Quelle est votre démarche artistique ?
Dans les courts-métrages d’animation que j’ai réalisés, j’ai essayé le plus souvent de traduire les impressions laissées par les variations de la lumière et du temps. Je souhaite rendre le frémissement du vent, les changements du temps, une atmosphère de pluie, les mouvements de la mer… La lumière, le vent et l’eau en sont souvent les personnages principaux. Ce sont des films peu narratifs. Je cherche davantage à m’inscrire dans une démarche poétique, faire de la poésie à l’aide d’images animées ou non.
Le paysage occupe une place centrale dans ma pratique artistique et j’attache aussi souvent une attention particulière à l’habitat, (dans l’un de mes derniers projets je me suis, par exemple, intéressée aux maisons et aux paysages le long de la Volga en Russie).
Plus récemment je me suis également lancée dans un projet de peinture sur pellicule, non figuratif.
 
Quel moyen d’expression vous est le plus proche ? (peinture ? dessin ? vidéo ? photographie ?)
Mes médiums de prédilection sont le dessin et le cinéma d’animation. J’aime travailler autant en noir et blanc qu’en couleurs, ainsi que varier les techniques selon les projets. Et je pratique également la photographie.
 
Est-ce que vous avez un artiste préféré ? Quelle œuvre culturelle voudriez-vous avoir chez vous ?
Il n’y a pas un artiste qui sort du lot, mais plusieurs, Penone, Richter, Alechinsky, Zao Woo Ki, Saul Leiter entre autre … Je suis récemment allée voir une exposition de gravures de Kirkeby, un artiste danois, que j’ai beaucoup aimé. De manière générale je m’intéresse beaucoup à la peinture, à la gravure et la photographie et je vais régulièrement voir des expositions.
J’aimerais avoir chez moi une œuvre que je n’aurais pas eu l’occasion de me procurer autrement, d’une édition indépendante par exemple, que l’on a du mal à trouver dans les circuits de distribution. J’aimerais que ce soit une belle découverte.
 
Pourquoi avez-vous participé au panier culturel Kilti ? Est-ce que ça a été une bonne expérience ?
J’ai découvert les paniers Kilti lors d’une rencontre au festival du court-métrage de Bruxelles et l’idée m’a tout de suite séduite. Cela permet beaucoup de découvertes, des artistes de nombreux domaines, graphique, littéraire, musical, théâtral, mais aussi des lieux culturels existants. Et cela peut également permettre à des artistes locaux de rencontrer un public et d’échanger.
Cette participation a été globalement une expérience positive, même si je n’ai peut-être pas fait autant de rencontres que je l’espérais. Je serais prête à participer de nouveau.

Le Studio Méthode-Paris

Méthode Paris
www.methode-paris.com

Méthode Paris est un studio de création pluridisciplinaire. Pour aujourd’hui, nous avons préparé une interview avec ces deux artistes talentueuses. 

Pourriez-vous présenter Méthode Paris ?
Qui fait partie de ce studio de création ?

Méthode Paris est un studio de création spécialisé dans le design graphique, l’édition, le digital, l’identité de marque, l’illustration, la direction artistique et l’événementiel (avec, notamment, la création d’atelier pour enfants). Nous nous sommes rencontrées il y a maintenant cinq ans en BTS multimédia arts appliqués pour ensuite intégrer respectivement l’E.N.S.A.A.M.A Olivier de Serres et l’école Estienne ESAIG en D.S.A.A (Diplôme supérieur d’arts appliqués) dans les domaines de la conception graphique et des stratégies de communication. L’une a fait ses classes chez Silent Factory et DesignUnit et l’autre, quand à elle, a fait des stages chez BABEL et Plastac Studio. Conjointement durant l’année 2013, nous avons effectué un stage de fin d’études à l’agence de publicité parisienne BETC. C’est en septembre 2014 que Méthode Paris prend réellement forme, et nous proposons depuis nos services dans les domaines du graphisme et de la direction artistique.

Comment définissez-vous votre travail ?
Quelle est votre démarche artistique ?

Notre travail est pluridisciplinaire car nous faisons à la fois du web, de l’édition, de l’identité visuelle, de l’illustration… Depuis notre création, nous avons eu la chance de travailler pour des domaines qui nous sont chers : musique, art contemporain, vidéos. Notre démarche artistique est d’amener des réponses graphiques, voire plastiques, à des commandes tout en conservant notre identité. Nous avons commencé à travailler ensemble durant nos études sur un format libre d’expression, le fanzine, pour pouvoir sortir un peu de la rigidité que peuvent avoir certains projets scolaires et expérimenter des moyens plastiques et graphiques. Il en est de même aujourd’hui, on expérimente beaucoup, on teste, on essaye, avant de se fixer et de se mettre d’accord sur l’identité finale d’un logo par exemple.

Quel moyen d’expression vous est le plus proche ?
(dessin ? vidéo ? photographie ?)

Le graphisme car il aborde aussi bien l’illustration, le dessin, le collage, la peinture, la typographie…

Est-ce que vous avez un artiste préféré ? Quelle œuvre culturelle voudriez-vous avoir chez vous ?
Nous n’avons pas nécessairement un artiste préféré. Mais nous nous reconnaissons dans des courants artistiques tels que l’expressionnisme abstrait, le surréalisme, le constructivisme sans oublier l’art contemporain. Nous essayons de conserver une sorte de veille sur ce qui nous entoure, et pas nécessairement dans le domaine du graphisme, l’architecture par exemple peut être une source d’inspiration, la mode, le design, etc.

Pourquoi avez-vous participé au panier culturel Kilti ? Est-ce que ça a été une bonne expérience ?
Nous avons été approché par Kilti pour participer à son panier culturel et nous avons accepté cette offre avec plaisir car nous n’avons pas tant l’occasion de réaliser des illustrations. La plupart de nos illustrations actuelles sont le résultat d’expérimentation de différents médiums (crayon, aquarelle, encre, peinture,…) qui servent ensuite à alimenter nos différents réseaux sociaux et faire ainsi découvrir notre travail à un plus grand nombre. Nous avons beaucoup apprécié cette expérience car cela nous a permis de découvrir une technique d’impression qui nous était peu connue mais très appréciée, la risographie. De plus nous avons eu la chance de voir en direct notre illustration imprimée lors d’une visite chez Riso Presto et de comprendre ainsi les différents mécanismes de ce mode d’impression. Et la chargée de projet Kilti Paris, nous a vraiment fait confiance sur ce projet en nous laissant carte blanche tout en étant très réactive et à l’écoute, merci à elle !

Bertrand B.

Bertrand B. est un écrivain du Nord de France. Vous avez pu découvrir son roman la Mesure du Possible dans le panier culturel Nord de France. Nous avons posé quelques questions à cet artiste polyvalent.
Comment définissez-vous votre style ? Quelle est votre démarche artistique ?
Je dirais que c’est du fantastique, mais au sens le plus traditionnel du terme. Point de zombies, de vampires ou d’extra-terrestres, mais plutôt un quotidien et des situations courantes dans lesquels j’insère un petit grain de sable, de nature improbable, afin de voir comment se dérègle la machine. Je saupoudre avec pas mal de symboliques, de mystique et de sens cachés, afin que l’on puisse interpréter différemment le(s) message(s) et les évènements subis par mes personnages. Et puis, avant cuisson, je mets toujours un peu d’humour au fond du plat pour que ça n’attache pas.

Quand vous commencez à écrire une histoire, la connaissez-vous en entier ou bien improvisez-vous au fur et à mesure ?
C’est très variable. Je peux avoir une fin dont je dois élucider le début, un début qui m’emmène où il veut, ou l’histoire complète qui s’impose à moi sans me laisser de choix. Pire, j’ai parfois un milieu qui ne sait où il commence et qui n’a pas envie de finir. J’admets que cette réponse vous fait une belle jambe, mais la vérité n’est pas toujours folichonne.
 
Où puisez-vous toutes vos idées ? D’où vient l’inspiration ?
J’adore cette question. Je pourrais y répondre par « uniquement le mardi matin, en feuilletant le journal ». Mais non.
Les idées en général ont leur propre vie, apparaissent quand elles le désirent, s’imposent à vous.
Le rôle du raconteur d’histoires est de s’intéresser à elles, les laisser germer, de les trier puis d’en faire quelque chose si elles sont bonnes et de savoir mettre froidement une balle entre les deux yeux aux autres.
Ce qui m’inspire, ou plutôt les idées que je laisse se développer, sont généralement un peu folles, décalées et improbables. Le quotidien et la « vraie vie » sont parfois si absurdes qu’il suffit de se baisser pour les ramasser.
 
Pourquoi avez-vous choisi d’écrire « La mesure du possible » ?
Je ne l’ai pas choisi. C’est elle qui l’a décidé. Je n’avais jamais imaginé écrire jusqu’à ce qu’une histoire se matérialise d’un seul coup dans ma tête. Tellement remuante qu’il fallait qu’elle sorte, que je m’en débarrasse. Le fait de la libérer en lui collant des mots dessus a réveillé toutes les autres qui dormaient dans un coin de ma tête et qui m’ont alors mené la vie dure jusqu’à ce qu’elles aussi puissent se faire la malle.
Du coup, maintenant, y’a de la place là-haut (Bertrand B. tapote son front de l’index).
Ce faisant, j’ai réalisé qu’elles étaient toutes plus ou moins liées et qu’il était aisé d’en faire un roman certes un peu différent, fait de nouvelles en apparence indépendantes. La vie est comme ça, aucune histoire n’a véritablement de début ni de fin et tout est lié… D’ailleurs, la Mesure du Possible n’est qu’un morceau d’un tout plus grand, d’autres nouvelles publiées ou pas en sont le prolongement…
 
Quel sera le sujet de votre prochain roman ?
Je ne sais pas encore quel projet aboutira en premier, mais il est probable qu’il s’agisse d’un thriller écolo au beau milieu de l’Océan Pacifique, sous 40 degrés et sur fond de surf music…
 
Pourquoi avez-vous participé au panier culturel Kilti ? Est-ce que ça a été une bonne expérience ?
J’aime beaucoup la démarche, qui ouvre un champ des possibles de rencontre entre des créateurs et un public qui ne se seraient pas forcément cherchés, et ça génère de la surprise, bonne ou mauvaise. Les bonnes surprises, c’est un peu le sel de l’existence, non ?  Plus spécifiquement, la « Mesure du Possible » est à mon sens bien plus intéressante quand on se laisse porter sans avoir la moindre idée de ce dont elle parle. Qu’un lecteur la découvre alors dans un panier comme celui-là lui donne vraiment tout son sens.

Et une très bonne expérience, pour la même raison, l’inattendu, et parce qu’elle est très différente des séances de dédicaces, seul moment en général dans la vie d’auteur où l’on sort de derrière son traitement de texte et on cause bouquin…

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