Renaud Duval

Dans le cadre d’une future collaboration entre Kilti et Artconnexion, nous sommes allés dans leurs locaux à la rencontre de Renaud Duval qui y présente sa première exposition personnelle à Lille, « Objets recherchés ». Emilie Courtel, chargée de communication d’Artconnexion était présente et nous a également donné quelques détails sur ce projet commun.

Emilie, de quelle façon artconnexion et Kilti vont-elles collaborer ?
E.C – Il s’agira de proposer un panier commun à la rentrée de septembre 2016. Nous allons aussi  proposer aux adhérents et aux bénévoles de Kilti une visite en juin avec Renaud Duval à l’occasion de son exposition. Dans le prochain panier, celui de juin, nous inviterons les acheteurs, les adhérents et les bénévoles à venir visiter l’exposition et à rencontrer Renaud Duval.

Renaud, peux-tu nous parler de ton parcours rapidement et de la façon dont tu travailles?
R.D – Je suis notamment passé par l’Ecole Nationale de Photographie à Arles puis le post diplôme du Fresnoy, Studio national des arts contemporains. Depuis, j’ai exposé aussi bien en France qu’à l’étranger. Ma pratique s’articule autour des arts visuels et de l’image, il s’agit essentiellement de photographies mais aussi d’installations avec de la création sonore et de la vidéo.
J’utilise un appareil grand format, c’est important de le préciser car c’est un outil qui est lourd, qui impose une démarche, une lenteur, dans la prise de vue et qui demande un temps de préparation, je ne fais donc pas de photo à la volée. Mon travail est surtout centré autour de paysages, d’objets et d’architecture. J’utilise l’argentique mais aussi le numérique.

Y a-t-il de la place pour la pulsion dans ton travail, que cherches-tu à raconter ?
R.D – Je fais rarement une seule prise de vue, la démarche est un peu plus compliquée. Il y a toute une réflexion avant de faire la photographie mais il peut y avoir, un peu de spontanéité. Malgré tout, je travaille sur des projets avec, au préalable, une définition de ce que je souhaite faire et de ce que je recherche. Je vais ensuite chercher des lieux, des choses, je fais des repérages. Je dépends aussi d’éléments extérieurs comme la mer ou de la lumière, il faut maîtriser un certain nombre de paramètres ce qui limite l’improvisation. Cependant, j’ai ce fantasme de l’image unique, de l’idée qu’une image peut suffire pour tout dire, je ne souhaite pas accumuler pour accumuler les images.
Concernant ce que je raconte, il y a souvent dans mes travaux la question du visible et du caché. Je suis souvent intéressé par les réserves de musées, notamment par le classement des objets, leur éventuelle étrangeté,  de ce qu’on montre et ce qu’on ne montre pas. Je photographie aussi des grands espaces interpellant les notions du plein et du vide.

Tu ne fais pas de portrait ?
R.D – Habituellement non mais c’est en partie l’objet de l’exposition, jusqu’à maintenant, le corps était presque totalement absent de mon travail, même si dans tout ce que je fais je traite de l’activité humaine. C’est presque la première fois que j’intègre des personnages dans mes photographies.
Dans cette construction, je voulais trouver un lien entre mes travaux précédents et ce que j’ai envie de faire. La figure qui fait ce lien apparaît dans cette série, c’est celle du détectoriste, la personne qui cherche des objets avec des détecteurs à métaux. Ce sont ces objets que l’on ne voit pas, que je veux mettre en parallèle avec ces personnes qui les cherchent, sans jamais montrer ce qu’elles trouvent.

Qu’est ce qui t’intrigue dans ce qui est caché ?
R.D – Je dirais la quête, le « déraisonnable », sans être péjoratif, c’est pour ça que le détectoriste m’intéresse. Sa démarche est aussi importante que le résultat. C’est un milieu qui m’est étranger, je ne connais pas ces gens et pour pouvoir les prendre en photo, j’ai fait des recherches, pris des contacts et des rendez-vous pour échanger avec eux et les rencontrer. J’ai passé du temps avec eux mais ce n’est pas un reportage, c’est presque de la mise en scène.

Y a-t-il un lien dans tous tes travaux ?
R.D – Pour moi il y a une certaine linéarité, en tout cas moi je la vois, cette ligne entre tous mes travaux. On retrouve à chaque fois ce sujet du visible, du caché, de la collection, de l’archivage, du classement, des traces dans le paysage, de l’objet… Je m’interroge sur la perception, certaines images introduisent des doutes temporels ou fictionnels, c’est une continuité.
Cependant, j’ai aussi envie de tester de nouvelles choses mais j’essaye déjà de maîtriser ce que je sais faire. Le projet peut évoluer et j’ai déjà, par le passé, collaboré avec d’autres artistes, rien n’est figé mais j’ai besoin de me laisser un peu de temps.

Quels espaces et paysages aimes-tu particulièrement ?
R.D – Mes terrains de prédilection sont plutôt de grands espaces des pays du nord, je travaille essentiellement avec la lumière d’hiver.

Informations pratiques :
Exposition « Objets recherchés » – du 27 avril au 25 juin 2016
Adresse : Artconnexion
9, rue du Cirque – 59000 Lille
Tel : 03 20 21 10 51

Log in

loading