LILLE  |  PARIS  |  BRUXELLES  |  STRASBOURG  |  METZ |  RESTE DE L'UNIVERS

Nord Portugal, collaboration entre Vincent Maquaire et Obriart Éditions

Dans le panier « Coquillages et Crustacés » de juin 2016, on a pu trouver un petit livre en quatre images dépliable, Nord Portugal. Fruit de la collaboration entre Obriart Editions (Cyprienne Kemp) et le photographe Vincent Maquaire, cette œuvre regroupe un ensemble de clichés instantanés vous plongeant au cœur des ruelles typiques du Portugal. Nous sommes allés à la rencontre des artistes à l’origine du projet pour en savoir plus sur leurs activités respectives.

Kilti – Cyprienne, peux-tu nous présenter le projet Obriart Editions ?

Cyprienne Kemp – Il s’agit d’une édition de livres d’artistes créée en 2010. C’est une discipline artistique à part entière au même titre que la sculpture ou la peinture. J’ai voulu aussi proposer des livres hybrides entre livres d’artistes et jeunesse. Il y a par exemple la collection dite « Des Plis », qui existe pour diffuser le travail d’artistes ou encore la collection « Mythologies »pour la jeunesse.

K – Comment collabores-tu avec ces artistes ?

C.K – Ça se passe généralement sur internet, je lance un appel sur Facebook ou sur des blogs et c’est comme ça que je trouve les artistes avec lesquels je travaille. Parfois, j’ai déjà repéré ceux qui m’intéressent et je les contacte directement. Ce que je veux représenter, c’est avant tout la diversité artistique, je veux faire en sorte que chaque personne puisse trouver son livre.

K – Ont-ils des contraintes dans la réalisation de ces livres dépliables ?

C.K – Une seule : le format. Il y a bien sûr un thème mais ce n’est pas moi qui le définit au préalable, d’où la carte blanche. Cependant, je donne mon aval. Les artistes doivent donc pouvoir raconter une histoire en 4 images dans un format qui se déplie et la quatrième image, plus grande, peut devenir un poster. Ils peuvent prendre des visuels qu’ils ont déjà créés et que l’on retravaille ensemble ou alors proposer une pure création.

K – Comment vous êtes-vous rencontrés toi et Vincent ?

V.M – C’est une rencontre due à la galerie 180, on a exposé ensemble dans ce lieu parmi 200 autres artistes lors d’un événement qui s’appelle Barricades. A l’époque on ne s’est pas rencontré, on s’est croisé plus tard sur le net, c’est comme ça que Cyprienne a vu mon travail et qu’on a collaboré ensemble. Finalement nous nous sommes vus seulement après l’édition du livre ce qui est assez drôle.

C.K – Je travaille beaucoup comme ça (rires).

K – Vincent, peux-tu nous parler de ton travail ?

V.M – Je suis photographe d’art, streetphotographer et photographe de concerts. Dans mon travail, je veux montrer des histoires de vie, des instantanés, l’ambiance dans les rues et l’interaction entre l’individu et l’environnement. C’est ce que j’appelle l’infiltration urbaine. C’est à dire être dans un environnement urbain et le photographier en fonction d’un contexte et d’une esthétique, ce n’est quasiment que de la photo urbaine. Je travaille plutôt en noir et blanc, le but de mon art n’est pas forcément de montrer du beau même s’il y a une esthétique.

K – Que pensez-vous de l’initiative de Kilti et de ses paniers culturels ?

V.M – J’étais un des premiers à connaitre Kilti notamment par mon travail. Je travaille à la librairie du Fresnoy et j’avais proposé à Laudine de bosser avec nous. Quand Cyprienne m’a proposé le projet avec Kilti, j’ai dit oui tout de suite. Je trouve que c’est une bonne initiative pour faire parler de ses projets et de son art et aussi pour rencontrer d’autres personnes. Par ce biais je pouvais parler de la galerie d’art d’Angers dans laquelle je suis, qui est à la fois un lieu physique mais aussi virtuel.

K – Cyprienne, qu’est-ce qui t’a plu dans son travail ?

C.K – Il y a eu plusieurs photos et plusieurs univers qui m’ont interpellée. Notamment cette série de Nord Portugal qui est prise dans une forme de saturation avec des contrastes assez importants mais qui en même temps ne brouille pas le message. Il y émane une présence.

K – Quel est ton principal outil pour faire connaître les éditions Obriart ?

C.K – Il y a le site internet et facebook certes mais je me rends surtout dans les salons. J’en fais des gros mais aussi des plus petits aussi bien Arras que Paris en passant par Madrid ou Bruxelles. Le public même le moins habitué apprécie beaucoup le format ainsi que les livres destinés à la jeunesse. Le bouche à oreille fonctionne très bien.


Interview : Capucine Cliquennois

Relecture : Chantal Brebion

Log in

loading