Le Magasin d’Eve Marie Weinmann et Etienne Bergot

A l’occasion du thème « Coquillages et Crustacés », Kilti a souhaité proposer parmi les œuvres du panier une carte postale réalisée par Etienne Bergot et Eve Marie Weinmann. Tous deux sont les fondateurs du Magasin rue du Magasin dans le Vieux Lille, ouvert en 2014. Nous sommes allés à leur rencontre pour en savoir un peu plus aussi bien sur ce lieu que sur leur travail.

Kilti – Pouvez-vous nous expliquer ce qu’est le Magasin ?

E.B – Le Magasin rue du Magasin, c’est avant tout un atelier, un lieu de travail qui est cependant ouvert au public 3 jours par semaine. On y présente uniquement nos productions.

E.M.W – On sème le doute entre « atelier » et « magasin » car on voulait faire un petit clin d’œil avec ce mot : « magasin » qui est un peu désuet et qu’on utilise beaucoup moins.

Kilti – Comment avez-vous décidé de collaborer ensemble ?

E.B – J’avais un atelier à la Ferblanterie qui est un lieu collectif et commun à beaucoup de personnes, à un moment, j’ai ressenti le besoin de m’en extraire. Il me fallait donc un nouveau lieu pour travailler. À la base c’était tout simplement un vieux local commercial et on a eu l’idée et l’envie d’avoir une visibilité, une vitrine, donc un endroit pour montrer ce que nous faisons et vendre nos œuvres.

E.M.W – Ce sont nos affinités communes qui nous ont réunis : la ville, l’architecture ou encore le graphisme. Nous avons donc voulu créer une collection autour de ce thème à partir de la technique du pochoir. Tout ça s’est fait de manière naturelle sans calculs, ça a été un point de rencontre et depuis, nous sommes dans cet esprit de collaboration professionnelle animée par nos passions.

Kilti – De quelle façon travaillez-vous ?

E.B : Nous travaillons ensemble autour de cette collection depuis 3 ans. Je suis pochoiriste, je réalise des visuels avec des pochoirs découpés à partir de photographies que l’on fait lors de nos ballades en ville.

E.M.W – La ligne artistique, on l’a créée ensemble mais je ne me qualifierais pas d’artiste. En parallèle je suis chargée de médiation culturelle ce qui est aussi utile dans ce domaine. Sinon je fais aussi de la linogravure occasionnellement mais ce n’est pas mon cœur de métier. Finalement, je suis assez polyvalente, il est difficile de me mettre dans une case.

E.B – Je suis dans la technique mais la réflexion, la composition graphique se fait à deux. Toute cette partie n’est pas visible mais existe pourtant en amont. Cependant, chacun reste dans son domaine de prédilection.

Kilti – Pouvez-vous nous en dire plus sur cette collection ?

E.M.W – La collection a démarré en 2013 dans le cadre de la nuit de l’Estampe. L’idée était de créer un visuel sur la ville de Lille. Ça a été notre première œuvre : il s’agissait d’un visuel de la cité administrative avec derrière un morceau de carrelage trouvé dans une maison de Lille. Tout a démarré à partir de là et comme cela nous a plu nous avons continué.

E.B : Aujourd’hui on a des visuels sur les villes de Berlin, Bruxelles, ou encore Dunkerque.

Kilti – La collection a-t-elle une fin ?

E.M.W – On ne sait pas, la ville c’est inépuisable, il y a encore beaucoup de choses à faire. On verra aussi en fonction de nos inspirations. Pour le moment on reste sur cette envie et cette dynamique.

Kilti – Comment en êtes-vous venus à collaborer avec Kilti ?

E.M.W – Nous les avons contactés car on aimait le concept du panier culturel. L’occasion de la thématique de Kilti, « Coquillages et crustacés », était trop belle, on travaillait justement sur une base de photographies qu’on avait faites à Dunkerque. C’était donc le moment de travailler sur ce qu’on pouvait proposer. C’était un peu comme un exercice : le fait de répondre à cette « commande » et de s’amuser à créer quelque chose qui nous plait aussi. Voilà d’où est venue l’idée de la carte postale et on a voulu ajouter un peu d’originalité avec une enveloppe en linogravure. Dans cette réponse à cette demande, il y avait tout de même un aspect créatif tout en restant dans notre démarche artistique et artisanale puisque tout est fait à la main. Pour le panier de Kilti, on voulait faire un clin d’œil à la carte postale. bord de mer

Kilti – Qu’est ce qui vous intéresse tant dans la ville ?

E.B – On est des amoureux de la ville, des beaux bâtiments, de l’architecture, on y vit, on s’y ballade, à pied, à vélo. Ce sont les gens et l’environnement urbain que l’on aime beaucoup. Cela fait partie de notre quotidien.

E.M.W – Après, peut-être que cela peut changer, c’est loin d’être figé. C’est un lieu dans lequel on évolue et quelque part, on ne peut pas y être indifférent. Mais je pense qu’il y a encore beaucoup de choses à faire pour que ça reste un endroit agréable, mais on s’éloigne du sujet ! (Rires)


Interview : Capucine Cliquennois

Relecture et correction : Chantal Brebion


Vidéo retraçant les étapes de fabrication de la carte postale :

 

 

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