Collectif Gonzes

Pour ce dernier panier de la saison, Kilti-Lille a souhaité faire appel au Collectif Gonzes pour travailler sur le thème « Pigment d’Espelette ». Dans le sac, on trouve donc un « Combo Piquant », proposition des 6 filles membres de cette toute jeune association. Nous avons rencontré Esther et Fanny qui nous ont parlé de ce projet et de leurs visions de l’art.

Kilti – Pouvez-vous vous présenter ?

Esther – je suis Illustratrice jeunesse et designer, à la fois dans le graphisme, l’objet et l’espace.

Fanny – et moi, je suis designer avec une mention spéciale pour le monde équestre.

Kilti – Comment est né le Collectif Gonzes ?

Esther – A l’origine, nous sommes six amies de l’ESAD (École Supérieure d’Art et de Design) de Valenciennes. Deux d’entre nous étaient en section art et les autres en design. Nous formions une excellente équipe pendant nos études, et c’est avec évidence que nous avons continué l’aventure une fois diplômées.

Kilti – Pourquoi le nom de Collectif Gonzes ?

Fanny – Cela a été un vrai sujet. On a essayé de trouver une ligne, un fil conducteur, on a toutes fait de nombreuses propositions. Puis nous avons opté pour « Gonzes », terme qui signifie homme, individu en général. Ça nous définissait plutôt bien. On a aimé ce décalage avec le fait qu’on soit six filles. Par ailleurs, nous ne sommes pas contre le fait qu’un jour un garçon fasse parti du Collectif (rires).

Kilti – Depuis quand existe le collectif ?

Fanny – Début d’année 2016, c’est assez récent mais déjà riche en projet !

Kilti – La création de l’association a-t-elle été simple ?

Fanny – En ce qui concerne notre statut, nous nous sommes rapprochées du Centre Ressource de la Malterie qui accompagne les artistes sur leur statut juridique. Leur aide nous a été précieuse, car après concertations nous avons décidé d’adopter le statut d’association.

Kilti – Et comment fonctionne votre association ?

Fanny – Nous faisons parties du bureau de l’association car nous voulions être membre actif de celle-ci. Chaque rémunération est directement reversée à l’association, ainsi nous pouvons débloquer un budget destiné aux événements futurs qui nous sont proposés ou à des appels à projet. C’est avant tout un moyen pour nous de nous réunir, d’échanger, de partager autour de sujets tels que l’art et le design.

Esther – Nous n’intervenons pas systématiquement toujours ensemble. Chacune est libre de choisir les projets qui lui correspondent le mieux.

Fanny – Nous avons toutes des emplois du temps différents, deux d’entre nous vivent d’ailleurs à l’étranger. Il faut savoir s’adapter à chaque situation.

Kilti – Avez-vous un local ?

Esther – Nous sommes à l’Usine Bis dans le quartier de Moulin à Lille. Il s’agit d’un atelier qui nous permet de stocker et à la fois d’entreprendre de nouveaux projets.

Kilti – Pouvez-vous nous parler de quelques projets de Gonzes ?

Fanny – Récemment, nous avons participé aux « Fenêtres qui parlent » où nous avons choisi de travailler sur le thème “Forêt danse” cela reprenait à la fois des techniques d’illustrations, de street art et de collage sur les façades et intérieur de maisons. Nous avons également collaboré avec le CRP (Centre Régional de la Photographie à Douchy-les-Mines).

Esther – Dans ce cadre, nous avons réalisé un workshop de trois jours avec des étudiants de l’ESAD. Sur cette période, on leur a proposé de travailler autour du mouvement du corps, de la présence, de la parole, de l’expression et de la voix. Ces trois jours ont abouti à une performance pendant le vernissage de l’exposition “Manifestations” au CRP. Le public n’était pas averti ce qui a semé un trouble général. Les personnes invitées ne savaient pas comment réagir face à cette performance.

Fanny – C’était une très belle expérience autant pour nous que pour le public car nous avons dû nous adapter aux différentes réactions des personnes qui étaient déstabilisées.

Esther – Nous nous sommes dispersées dans le public et nous chuchotions des paroles, des vers de plus en plus fort. Les gens étaient assez intrigués au début et au fur et à mesure, ils ont compris que quelque chose se passait et se sont laissé prendre au jeu. Pour au final n’entendre que la voix des performeurs et celle de l’oratrice.

Kilti – Avec cette performance théâtrale, on s’éloigne de l’illustration et du design

Esther – On a plusieurs casquettes, on n’a pas forcément de champs respectifs ni d’étiquettes. On peut très bien pratiquer plusieurs disciplines, le design se nourrit de l’art tout comme l’art se nourrit du design.

Fanny – En effet, on va peut être plus garder notre identité à l’extérieur du collectif notamment dans le cadre de notre métier. Mais une fois à l’intérieur, on ne se prend plus la tête, si on a envie de faire quelque chose d’artistique on le fait.

Esther – Ce n’est pas parce que tu es designer que tu dois ne faire que du design. On explore aussi des choses qu’on n’a pas forcément exploré dans le cadre de nos études.

Kilti – Comment en êtes-vous venues à collaborer pour le panier ?

Fanny – Clara, à la fois membre du collectif et en service civique chez Kilti, nous a proposé de participer au projet du panier. On a donc proposé ce petit « Combo Piquant ». Il s’agit d’un ballotin de graines biologique car nous sommes attachées aux enjeux écologiques. C’est aussi le propos du collectif, six artistes, qui traitent de divers sujets, sur divers supports en pratiquant plusieurs disciplines.

Kilti – Quelles sont vos activités en parallèle ?

Fanny – Je suis intervenante en design dans une école préparatoire Arts à Calais. Puis, designer indépendante spécialisée dans le milieu équestre (graphiste et objet). En complément, je travaille également au Musée de la Chicorée à Orchies où je gère essentiellement l’équipe de médiation.

Esther – Moi je suis illustratrice, c’est assez récent. J’ai découvert cette passion suite à un service civique d’animatrice nature, au contact des enfants cela m’a donné envie de créer pour eux. J’aimerais aussi travailler en tant que styliste infographiste dans une maison de textile et pourquoi pas entreprendre des projets dans l’illustration jeunesse.

Kilti – Quels sont vos projets à venir ?

Esther – L’objectif du Collectif est d’avoir un espace à nous dans lequel on aimerait coordonner à la fois des ateliers mais aussi en faire un lieu d’expositions. Le but serait d’aller à la rencontre d’artistes et de faire découvrir de nouveaux talents. Ce lieu serait un espace d’échange hybride.

Kilti – Avez-vous des projets à court terme ?

Fanny – On a répondu à certains appels à projets comme celui d’Arras : Appel d’air. Le travail tournerait autour de la création de projets dans l’espace public. Certaines d’entre nous vont aussi participer à un workshop à l’écomusée de l’Avesnois. C’est une rencontre de designers et d’artistes qui dure quatre jours. L’idée est de constituer des équipes en fonction de thèmes proposés et d’aboutir à un objet en verre. La communication, le packaging, la scénographie, doivent être pensés pour la présentation finale dans un temps très court et intense.

Esther – Ce projet est stimulant car nous sommes très productives sur un temps court.

Kilti – Avez-vous des bons retours sur vos travaux ?

Fanny – Pour le moment, chaque collaboration a plutôt bien fonctionné. Nous en sommes à notre deuxième participation aux Fenêtres qui parlent et nous y seront invitées l’année prochaine. C’est plutôt très positif.

Kilti – Où peut-on retrouver vos travaux ?

Esther – Sur notre site web, notre compte instagram et notre page facebook.

 


Interview réalisée par Capucine Cliquennois, relue et corrigée par Chantal Brebion

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